
Voyager moins ou voyager davantage ?
Première divergence : la trajectoire des volumes. La rationalisation souhaitée par certains se heurte à la croissance internationale et au besoin de liens directs.
« On va organiser les voyages en fonction de ce qu’on doit faire. Les décisions de déplacement seront plus fermes : aujourd’hui, il arrive que l’on voyage sans véritable nécessité. »
Une autre perspective nuance ce constat.
« À l’échelle mondiale, le voyage d’affaires continuera de se développer, notamment avec la montée en puissance de pays comme l’Inde, la Chine ou le Brésil. »
À l’inverse, un autre participant souligne :
« Nous avons besoin de rencontrer nos collègues et nos fournisseurs. On peut ensuite travailler deux ans en visio, mais faire toute sa carrière à distance, cela ne fonctionne pas. »
Le coût menace la promesse du « mieux voyager »
La contrainte économique domine cependant les arbitrages. La qualité du déplacement et son utilité ne progressent pas nécessairement ensemble.
« Le voyage essentiel est toujours là, mais les conditions sont moins bonnes. J’ai longtemps défendu “voyager moins, mais mieux” ; aujourd’hui, je constate plutôt qu’on voyage moins bien. »
La discussion fait apparaître une autre limite.
« À budget constant, puisque le prix unitaire augmente, on voyage nécessairement moins, sauf à dégrader les conditions de déplacement. »
Un troisième témoignage déplace le débat.
« Le déplacement doit créer de la confiance ou résoudre une crise. Demain, j’espère qu’on demandera au travel manager quelle valeur il a créée, et pas seulement combien il a économisé. »
Décarbonation : entre ambitions et réalités
Sur le climat, les situations sont très inégales. Les demandes des salariés précèdent parfois les objectifs fixés par les directions.
« Dans notre groupe, le travel représente une part minime du scope 3. Il n’est donc pas encore prioritaire dans la feuille de route climat. »
La discussion fait apparaître une autre limite.
« Certains collaborateurs demandent vraiment à prendre le train pour des destinations européennes, même si cela prend plus de temps. »
Un troisième témoignage déplace le débat.
« Nous privilégions les véhicules électriques, les hôtels écoresponsables et les vols directs. Il faut inciter plutôt que contraindre, en faisant apparaître les bons choix dans les outils de réservation. »
L’IA promet un parcours sans friction
L’automatisation devrait libérer du temps, sans résoudre à elle seule les difficultés concrètes de mobilité et d’accueil.
« L’IA conversationnelle et agentique va rendre la réservation beaucoup plus fluide. Et, dans cinq ans, je pense qu’on ne remplira plus de notes de frais. »
La discussion fait apparaître une autre limite.
« Pour la voiture électrique, le problème n’est pas seulement le nombre de bornes : certaines ne fonctionnent pas, d’autres sont occupées, et il faut jongler entre les applications et les cartes. »
Un troisième témoignage déplace le débat.
« Le check-in pourra être digitalisé, mais il faudra toujours des humains pour traiter les situations complexes et rassurer les voyageurs. »
La rencontre humaine restera-t-elle irremplaçable ?
À plus long terme, la téléprésence immersive divise. Les participants s’accordent davantage sur l’importance des interactions que sur la baisse du nombre de déplacements.
« La réalité virtuelle permettra des visios de meilleure qualité, mais elle ne remplacera jamais le fait de prendre un verre ensemble après une journée de travail. »
La discussion fait apparaître une autre limite.
« Si les transports deviennent plus rapides et plus écologiques, on pourra aussi se déplacer davantage. Réduire les distances ne signifie pas forcément réduire les voyages. »
Un troisième témoignage déplace le débat.
« Le voyage professionnel et personnel pourrait se développer : on prolongera un déplacement le week-end, éventuellement avec sa famille. »
Au-delà des scénarios technologiques, la question centrale demeure : pourquoi se déplacer, et quelle valeur humaine, économique ou environnementale en attendre ?





