Quelques mots sur Georges pour commencer ?
Georges est une blanchisserie industrielle fondée à Bordeaux en 2017 par Karine Da Silva, qui en est toujours la présidente. Depuis sa création, l'entreprise s'est progressivement développée sur l'ensemble du territoire français. Nous comptons aujourd'hui onze sites, le plus récent ayant ouvert à Clermont-Ferrand en mai dernier. Cette implantation nous permet désormais de couvrir la région Auvergne-Centre et de soulager notre site de Lyon. Nous réalisons aujourd’hui un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros avec près de 200 salariés. Nous traitons deux millions de vêtements par an pour 95 000 porteurs répartis sur plus de 4 000 points de livraison.
Parmi nos principaux clients figurent Air France : client historique pour qui nous avons installé par exemple un dressing accessible 24h/24h à Roissy et pour lequel la prestation d’entretien inclus un service spécifique de repassage et détachage. Pour le reste, nous travaillons également avec la SNCF, Michelin, Eiffage, Renault et sommes le prestataire du chantier de Notre Dame de Paris.

Quels sont les contours de votre fonction de responsable logistique ?
J'occupe un poste très opérationnel qui fait le lien entre les équipes commerciales, le service client et la production. Je pilote notamment la mise en place des nouvelles prestations chez nos clients, la planification, la cartographie des sites industriels ainsi que le choix des équipements nécessaires sur le terrain. Je suis également responsable de la flotte de véhicules. Enfin, je gère la création et la mise à jour de l'ensemble de nos plans de tournée.
Sur ce sujet des plans de tournée, vous avez récemment choisi une solution d’optimisation. Quel était le besoin ?
Notre activité présente des spécificités importantes. Nous devons gérer des horaires d'accès parfois très contraignants, mais aussi des sites hautement sécurisés auxquels tous les livreurs ne peuvent pas accéder. Nous devons également prendre en compte les volumes à transporter, les capacités de chargement des véhicules et de nombreuses autres contraintes opérationnelles. Lorsque je suis arrivé en 2023, toute cette planification était réalisée manuellement et j’ai dû continuer ainsi car nous n’avions pas d’outil adapté. Je travaillais avec Excel, Google Maps et Mappy pour calculer les distances, les péages, les temps de trajet et j'ajoutais ensuite une estimation du temps passé chez chaque client, les contraintes de chargement etc.
Les ouvertures ou fermetures de points de livraison chez les clients viennent modifier régulièrement le contenu des tournées
Une méthode assez archaïque donc, même s’il faut préciser que nos tournées évoluent peu. Par exemple, une tournée effectuée le lundi dessert toujours sensiblement la même zone géographique et les mêmes clients les lundis suivants. En revanche, les ouvertures ou fermetures de points de livraison chez les clients viennent modifier régulièrement le contenu des tournées. La construction d’un nouveau plan de tournée pouvait me prendre jusqu’à trois jours de travail. Dans ces conditions, jusqu’ici, nous n'optimisions les tournées, au fil du temps, que lorsque cela devenait indispensable. Ce n'était évidemment pas la meilleure solution. Ni en matière de rentabilité, ni d'écoresponsabilité.
Nous exploitons aujourd’hui plus de 120 tournées chaque semaine. Cela devenait tout simplement ingérable sans un outil adapté. J'ai étudié plusieurs logiciels du marché et nous avons finalement retenu Kardinal qui réunissait deux avantages majeurs par rapport aux autres : une solution française et une capacité à intégrer l'ensemble de nos paramètres logistiques.
Notre base de données évolue constamment en fonction des nouveaux clients ou des changements d'organisation
Ce nouvel outil est opérationnel depuis un an environ. Un premier bilan ?
La prise en main a été très rapide. Je prépare simplement un fichier Excel que j'importe dans Kardinal, avec des paramètres définis. J'indique simplement les contraintes de chaque tournée : le point de départ, le point de retour, les capacités des véhicules, les temps de pause ou encore la durée maximale de travail. Le logiciel construit ensuite une tournée conforme à l'ensemble de ces règles. Cette méthode nous convient parfaitement, car notre base de données évolue constamment en fonction des nouveaux clients ou des changements d'organisation. Dans la plupart des cas, une demi-journée (voire une journée) suffit à présent pour revoir l’ensemble des tournées hebdomadaires d’un site de production soit 10 à 15 tournées en moyenne.
Désormais, lorsqu'un client nous demande de reprendre cinquante agences d'un seul coup, nous savons que nous pouvons être réactifs
Par exemple, je viens de retravailler les tournées de notre site de Lyon. Nous cherchions notamment à supprimer deux découchés car ils constituaient une contrainte importante pour les chauffeurs et compliquaient le recrutement. Grâce à Kardinal, nous avons pu tester de nombreux scénarios et identifier la meilleure solution en une seule journée de travail. Avant cela, une telle étude m'aurait demandé plusieurs jours.
Désormais, lorsqu'un client nous demande de reprendre cinquante agences d'un seul coup, nous savons que nous pouvons être réactifs et valider cette demande : nous sommes capables de proposer une organisation en quelques jours seulement !
De manière générale, les tournées sont optimisées. Nous supprimons les détours inutiles et nous obtenons des tournées équilibrées car je peux répartir de manière plus homogène les kilomètres parcourus, les volumes transportés et les temps de travail entre les différents chauffeurs.
Cette optimisation bénéficie aussi à la production puisque nous pouvons mieux lisser les flux de vêtements qui arrivent dans nos blanchisseries tout au long de la semaine.
Estimez-vous avoir exploité tout le potentiel de la solution ou existe-t-il encore des pistes d'amélioration ?
Il reste encore beaucoup de possibilités. Par exemple, nous travaillons actuellement sur les découchés. Nous essayons de les supprimer lorsque c'est possible, mais sur certaines zones géographiques, c’est inévitable. Pour l’instant, c'est moi qui choisis l'emplacement de ces découchés. Demain, j'aimerais que Kardinal soit capable de proposer automatiquement le stop le plus pertinent en fonction des contraintes de la tournée. Le logiciel pourrait identifier un lieu permettant de transporter davantage de vêtements, de desservir plus de clients ou d'améliorer le taux de remplissage des véhicules.
Notre objectif reste toujours le même : limiter au maximum les kilomètres parcourus à vide et améliorer en permanence le remplissage de nos véhicules
Prenons un exemple : une tournée s'arrête actuellement à Foix pour la nuit avant de repartir le lendemain vers Toulouse puis Bordeaux. Peut-être qu'en choisissant un autre point d'arrêt, nous pourrions transporter plus de linge ou regrouper certains clients. Notre objectif reste toujours le même : limiter au maximum les kilomètres parcourus à vide et améliorer en permanence le remplissage de nos véhicules.
À terme, j'aimerais aussi que Kardinal puisse prendre en compte le calcul des émissions de CO2. Nous sommes engagés dans une démarche de certification ISO qui nous impose de suivre précisément notre empreinte carbone.
Au-delà de ce sujet de l’optimisation des tournées, quelles sont aujourd'hui vos grandes priorités en tant que responsable logistique ?
Notre priorité s'inscrit dans la stratégie globale de Georges : atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2030. Cet objectif concerne aussi bien notre activité de blanchisserie que notre logistique. L'optimisation des tournées y contribue directement, tout comme le développement progressif de notre maillage territorial. Plus nous ouvrons de sites, plus nous nous rapprochons de nos clients, ce qui réduit naturellement les distances parcourues.
Et puis, notre ambition est de disposer à terme d'une flotte entièrement décarbonée. Nous comptons aujourd'hui sept véhicules électriques sur environ quarante-cinq et six nouveaux sont à venir. À court terme, je souhaite faire de notre site de Paris Nord la première unité exploitée entièrement avec des véhicules électriques. Les distances parcourues dans cette région rendent cette évolution parfaitement envisageable.
Les véhicules appartiennent-ils à Georges ?
Nous fonctionnons selon deux modèles. Une partie de notre flotte nous appartient et, plus récemment, nous avons engagé un partenariat avec un spécialiste de location longue durée de véhicules pour notre site de Clermont-Ferrand. Ces véhicules sont entièrement aménagés selon nos besoins : ils portent les couleurs de Georges, disposent de portes-cintres et des équipements spécifiques que nous utilisons quotidiennement. La différence réside simplement dans leur mode de financement. Nous testons cette solution avant un éventuel déploiement à grande échelle.
Pourquoi ce changement de modèle ?
Le prestataire prend en charge l'ensemble de la gestion de la flotte : l'entretien, les réparations, les pannes ou encore le remplacement des véhicules. Pour moi, qui suis responsable de cette activité, cela représente un gain de temps considérable. Externaliser nous permettrait de nous concentrer davantage sur nos missions à plus forte valeur ajoutée.
Nous devrons prendre cette décision rapidement, car les premiers renouvellements de véhicules prévus pour 2027 approchent. C'est à ce moment-là que nous choisirons entre poursuivre l'achat de véhicules ou privilégier davantage la location longue durée.
À terme, je vois parfaitement la complémentarité entre Kardinal, qui optimise les tournées, et un outil spécialisé dans la gestion quotidienne de la flotte
Cela vous permettrait sans doute aussi d'améliorer encore le suivi de votre flotte ?
Tout à fait. Nous disposons déjà d'un système de géolocalisation qui nous permet de suivre les véhicules, de recevoir des alertes et d'anticiper certains entretiens. En revanche, je souhaite aller plus loin avec la mise en place d’un véritable outil de gestion de flotte capable de suivre précisément les coûts d'exploitation, les kilométrages contractuels ou encore les consommations. À terme, je vois parfaitement la complémentarité entre Kardinal, qui optimise les tournées, et un outil spécialisé dans la gestion quotidienne de la flotte.
D'autres projets importants pour la logistique de Georges ?
Oui, nous voulons progresser sur nos outils informatiques opérationnels. Nous les développons en interne : interface client, application de suivi des vêtements, logiciels de production et de livraison… Aujourd'hui, chaque livreur dispose d'une tablette qui lui fournit toutes les informations nécessaires à sa tournée : coordonnées GPS, photos des sites, consignes spécifiques etc. Nous préparons actuellement une nouvelle version qui permettra de renforcer les échanges entre les chauffeurs, le service client et les clients eux-mêmes afin de faire remonter davantage d'informations depuis le terrain et d'améliorer la communication dans les deux sens.
Nous travaillons également sur la RFID. Cette technologie permettra d'automatiser la lecture des vêtements lors des livraisons. Concrètement, au lieu de scanner les vêtements un par un, il suffira de passer un portant devant un lecteur pour que celui-ci comptabilise automatiquement toutes les pièces présentes. Cela permettra de fiabiliser encore davantage nos opérations.