
L’interface Chatbot devient un standard d’IHM même dans les services les plus inattendus. Ainsi, le 21 septembre 2026, la Cour des Comptes a présenté plusieurs initiatives pour rendre ses travaux plus accessibles aux citoyens. Parmi celles-ci, un outil IAG souverain a tenu une place importante. Longuement présenté par Amélie de Montchalin, Première présidente de la Cour des Comptes, ce « Qu’en dit la Cour ? » https://recherche.ccomptes.fr/ (ce nom de baptême mentionné n’apparaît pas en ligne) permet à tous les citoyens d’interroger en langage naturel l’importante base documentaire des rapports rédigés par la Cour des Comptes et les Cours régionales des Comptes.
L’enjeu de cet outil est essentiel aux yeux de la Première Présidente. En effet, la charge de la dette de la France s’accroît et, compte tenu de l’inflation, elle est aujourd’hui la plus lourde depuis 1945. Les choix qui seront faits en 2027 par les citoyens, au fil des scrutins nationaux qui vont s’enchaîner, vont donc avoir un poids particulier dans l’avenir de la France et dans un contexte politique très incertain et polarisé. « Avant les choix, il faut les faits, pas les ingérences étrangères, pas les fausses informations, les faits » a martelé Amélie de Montchalin.
Diffuser efficacement les données
Les juridictions financières remplissent des rôles essentiels dans la vie démocratique. Outre le fait que la Cour des Comptes certifie les comptes publics et en garantit ainsi la sincérité, cette instance nationale et ses homologues régionaux évaluent les politiques publiques et contrôlent donc la pertinence et la régularité de l’emploi des deniers publics. Tous les rapports sont rédigés de manière collégiale et intègrent toujours des réponses des administrations auditées.

La Cour des Comptes, nationale, et les 17 Cours Régionales des Comptes ont produit en cinq ans environ 8000 rapports. Ces rapports sont tous disponibles en ligne librement et donc théoriquement disponibles pour chaque citoyen pourvu d’une connexion Internet. Mais la Première Présidente s’est dite parfaitement consciente que c’était insuffisant : « nos travaux doivent être publiés mais surtout rendus accessibles ». Un rapport doit être recherché, trouvé, lu, compris… autant d’étapes que peu de citoyens franchissent alors qu’une fausse information ou une manipulation de l’opinion par ingérence étrangère se diffusent comme un feu de paille sur les réseaux sociaux faute d’effort à fournir pour y accéder.
L’IAG au sein d’un faisceau d’initiatives
Face à ce constat, la Cour des Comptes a pris trois initiatives conjointes. D’abord, le débat public n’étant pas nécessairement synchronisé avec la publication initiale d’un rapport sur le même thème, l’écart pouvant se compter en mois voire en années, la Cour va réaliser des notes de synthèse se basant sur l’ensemble des travaux antérieurs. Ces travaux ont été qualifiés de « parfois très pointus » et donc peu accessibles. Quatre notes sont déjà publiées et une vingtaine en tout devrait être réalisée : une analyse sur les aides accordées aux industries (notamment au bénéfice des secteurs de l’automobile, des semi-conducteurs et de l’aérospatial), l’évolution de la masse salariale des fonctions publiques, la modernisation de l’État et la fiscalité du patrimoine des ménages. Le « suivi des recommandations » va être renforcé, dans la continuité des initiatives prises par la Cour ces dernières années : il s’agit de retourner sur le terrain audité et de vérifier que les mesures recommandées ont été prises en compte.
La principale initiative est donc la création de l’IAG « Qu’en dit la Cour ? ». Ce chatbot a été conçu et réalisé en interne sur une base Mistral et est sur un hébergement souverain. Une telle initiative est, pour l’heure, unique dans l’ensemble des juridictions financières des pays occidentaux. Cette IAG répond à une question en langage naturel en deux parties : d’une part une synthèse (incluant le cas échéant la mention d’un manque de données au lieu d’une hallucination), d’autre part un accès aux documents sources pertinents. Lors des Journées Européennes du Patrimoine, cet outil a été présenté à 8300 visiteurs des locaux de la Cour des Comptes et a été, semble-t-il, très apprécié.






