
Paul Bounaud - © D.R.
Paul Bounaud a pris ses fonctions le 24 août en tant que Managing Director au sein de la BU Transport, Manufacturing & Retail (TMR) de Sia Partners. Cette équipe compte 115 personnes, dont la moitié sont des experts supply chain. « Soit les consultants étaient déjà experts du sujet, soit ils le sont devenus au fil des missions. Cela nous permet, avec des clients moins mûrs sur la supply, de monter en puissance ensemble », souligne Paul Bounaud.
La supply chain, une expertise transverse
Fondé en 1999, Sia Partners s'est d'abord développé sur la banque avant d'évoluer assez vite vers la performance environnementale, puis vers l'IA, dont il revendique d'avoir été l'un des précurseurs. Le cabinet réunit aujourd'hui 3 000 collaborateurs dans 48 bureaux répartis dans 19 pays, dont 350 data scientists et data analysts. Il est organisé en BU (Finance, Transformation & Procurement, RH & Transformation, Marketing & Stratégie client, Achats, Conformité, Transformation IA agentique…).
Notre partenaire le plus en pointe, c'est l'équipe data et IA ; c'est tous les jours que nous délivrons des missions ensemble
La supply chain n'y constitue pas une BU en soi. C'est une expertise métier logée au sein de TMR et mobilisée « quel que soit le secteur et quel que soit le besoin » : ferroviaire, aéronautique, construction, luxe, retail et tous les modes de transport. « Dans toutes les missions que nous faisons maintenant, nous croisons des experts métiers avec des approches techno », explique Paul Bounaud. Son premier allié en interne est l'équipe Data & IA : « Notre partenaire le plus en pointe, c'est l'équipe data et IA ; c'est tous les jours que nous délivrons des missions ensemble. » Il travaille également avec les équipes RH & Transformation, Finance, Transformation & Procurement et Low Carbon Solutions, ainsi qu'avec l'équipe cyber et résilience opérationnelle.
Une collaboration étroite avec les Achats
Avec les achats, les missions communes portent sur l'évaluation des risques fournisseurs (solidité financière, respect des exigences coût-qualité-délai, qualité de la relation) et sur l'optimisation des contrats. Elles portent aussi sur la révision de la géographie du sourcing, notamment dans l'aéronautique et le ferroviaire. « Ces industriels ont tous fait des plans B. Ce que l'État appelle la souveraineté, eux le traduisent par sécurisation, parfois même par un double cahier des charges. » Le cabinet a ainsi développé un agent IA capable de simuler l'impact de scénarios comme une hausse du baril.
Notre ambition est de faire savoir nos expertises auprès des transporteurs, des prestataires logistiques et des chargeurs
L'objectif affiché n'est pas, pour l'heure, de grossir l'équipe. « Notre ambition est de faire savoir nos expertises auprès des transporteurs, des prestataires logistiques et des chargeurs. » Trois grands chantiers sont mis en avant : l'optimisation de la supply chain (entrepôts, traçabilité, transport, plans de résilience, décarbonation), l'automatisation et la robotisation des entrepôts et des usines, et l'analyse de données pour la simulation et l'optimisation des performances.
De l'efficacité à l'efficience
Côté clients, le nouveau Managing Director observe un net durcissement des exigences. « Avant, on nous parlait beaucoup d'efficacité opérationnelle. Aujourd'hui, nos clients sont bien davantage dans l'efficience opérationnelle. » Le cabinet les aide à bâtir « des target operating models réalistes, avec des ROI à 6, 9 ou 12 mois maximum ».
D'autres sujets s'y ajoutent : les pénuries de main-d'œuvre, la demande de control towers pour le pilotage en temps réel et le renforcement de la planification (S&OP). Le tout sur fond de legacy informatique : « À un moment, il y a un point de rupture. C'est le moment de changer l'ERP, le WMS ou le TMS plutôt que de continuer à ajouter des briques propriétaires. »
Pour y répondre, Sia Partners s'appuie sur huit partenariats technologiques actifs, avec AWS, Nvidia, Azure, Google Cloud, OpenAI, ElevenLabs, Databricks et Anthropic. « Nous ne sommes absolument pas captifs d'un offreur », insiste Paul Bounaud.
Le monde du référentiel et de la standardisation des données dont je viens est indispensable pour préparer la performance des agents IA
Le retour aux basiques de la donnée
Son parcours chez GS1 prend ici tout son sens. « Le monde du référentiel et de la standardisation des données dont je viens est indispensable pour préparer la performance des agents IA. » À son arrivée, il a soumis le même brief à un agent IA deux fois : d'abord avec un référentiel GS1 structuré, puis avec un fichier Excel brut, tel qu'en fournissent les clients. « La qualité des résultats était complètement différente. » D'où la grande tendance qu'il observe : « Tout le monde remet son nez dans le référentiel et regarde son taux de couverture des données : sont-elles complètes, à jour, bien structurées ? »
Autre signal fort : les CFO s'intéressent à des solutions comme Pigment ou Databricks et au S&OP, y compris dans des entreprises purement logistiques. « Le problème, c'est qu'elles ne s'interconnectent pas avec leur existant. Il leur faut une roadmap, et cela ne se fait pas en deux mois », alerte-t-il.






