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Marques & entreprises
le 20 octobre 2026
par Tanguy Leclerc

MGEN : « Nos engagements sociétaux constituent un axe majeur de différenciation ».

Premier partenaire majeur de la Ligue féminine de football professionnel, MGEN entend conjuguer visibilité et impact sociétal à travers son partenariat. Clotilde Truffaut, Déléguée nationale de la mutuelle, détaille les contours de cet engagement.
© MGEN

Le sport féminin comme levier d’impact. En s’engageant aux côtés de la Ligue féminine de football professionnel, MGEN défend bien plus qu’un partenariat de visibilité : la mutuelle revendique un objectif féministe, lutte contre l’abandon du sport chez les filles et veut mesurer concrètement l’impact social de ses actions. Clotilde Truffaut, Déléguée nationale de la mutuelle, détaille une stratégie où engagement sociétal, ancrage territorial et mobilisation des publics internes se rejoignent.

MGEN est devenue, en septembre, le premier partenaire majeur de la LFFP pour trois saisons. Pourquoi avoir choisi le football féminin et qu’attendez-vous de cet engagement ?

C.T. : Le football féminin conjugue une forte dynamique de croissance et un solide ancrage territorial. Il compte plus de 250 000 licenciées, un nombre qui progresse de 10 % par an, avec l’objectif d’atteindre 500 000 licenciées d’ici 2028. Quelque 8 000 clubs accueillent au moins une licenciée et 4 000 clubs amateurs disposent d’une équipe féminine. La Coupe du monde de 2027 au Brésil constitue également une perspective importante, avec une équipe de France qui figure parmi les cinq meilleures nations. Nous avons donc choisi un sport populaire, en plein essor, capable de toucher un large public et dont cette échéance mondiale devrait soutenir la dynamique.

Le football féminin reste liées aux grandes compétitions et mobilise davantage autour  de l’Équipe de France que des clubs. Qu’est-ce qui vous donne confiance dans son développement ? 

C.T.  : Cette audience est effectivement cyclique, mais nous misons sur sa progression. La diffusion du championnat sur Canal+, avec dix matchs en clair par saison, lui apporte une exposition qui peut créer un effet d’entraînement. Notre choix repose aussi sur une rencontre humaine déterminante entre les équipes de MGEN et celles de la LFFP. Nous partageons avec la présidente de la Ligue une même conviction : ce partenariat porte un objectif féministe, et nous assumons ce terme. Nous sommes les alliés d’une même cause : lutter contre l’abandon du sport chez les filles et leur permettre de se sentir aussi légitimes que les garçons dans la pratique du football.

Ce partenariat porte un objectif féministe, et nous assumons ce terme.

Vous revendiquez donc un engagement militant ?

C..T. :  Pleinement. Au-delà de la visibilité apportée à notre marque, nous attendons de ce partenariat un impact sociétal : contribuer à réduire l’abandon du sport chez les filles et leur proposer des modèles féminins auxquels s’identifier. Nous voulons leur montrer que le sport, et le football en particulier, ne se conjugue pas uniquement au masculin. Les actions prévues avec la Ligue doivent sensibiliser et faire évoluer les pratiques. Elles s’inscrivent directement dans nos engagements sociétaux.

Cet engagement fait-il aussi écho au profil de vos adhérents ?

C.T. : Les femmes représentent 60 % de nos adhérents : notre engagement dans le sport féminin prend donc tout son sens. Nous sommes également la première mutuelle de la fonction publique, dont sont issus environ 70 % de nos adhérents. Or, les femmes y représentent aussi 60 % des effectifs. Cette réalité explique notre engagement historique en faveur de l’égalité femmes-hommes et de la santé des femmes.

Comment ce partenariat se concrétise-t-il sur le terrain, notamment à travers les activations « coup de poing » annoncées dans les stades ?

C.T.: Dès les premiers matchs, nous avons déployé de grands tifos dans les tribunes avec le message « 14 ans, c’est trop jeune pour prendre sa retraite sportive », accompagné du logo MGEN. Ces dispositifs, également relayés sur les réseaux sociaux, fonctionnent bien. Nous avons aussi prévu d’associer de jeunes footballeuses amateurs au coup d’envoi des rencontres, pour montrer que toutes les filles, amateurs comme professionnelles, ont leur place sur le terrain. Nous travaillons avec la Ligue sur des actions nationales et souhaitons, en parallèle, rapprocher nos agences, présentes dans tous les départements, des clubs de division 1 pour construire des initiatives communes. Nous envisageons notamment des tarifs préférentiels pour nos adhérents, nos salariés et nos militants, qui contribueraient aussi à remplir les stades. D’autres collaborations sont à l’étude. Nous intervenons sur la lutte contre les discriminations et l’égalité femmes-hommes à l’école, et entretenons des liens avec le secteur hospitalier. Les clubs mènent eux aussi des actions dans le cadre de leur engagement territorial. Certains sont labellisés et bénéficient d’un véritable rayonnement local : nous explorons les possibilités d’agir ensemble sur ces sujets. Enfin, le partenariat comprend également le trophée MGEN de la joueuse du match, remis lors de chaque rencontre diffusée sur Canal+. Il permet de mettre en lumière des sportives et de proposer des figures inspirantes.

© MGEN

Comment les joueuses contribuent-elles à faire vivre cet engagement, au niveau national comme dans les territoires ?

C.T. : Nous souhaitons donner la parole à des joueuses professionnelles, notamment à travers des activations nationales prévues en mars, autour de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars. Mais ce partenariat doit aussi vivre en région. Nous travaillons avec nos collègues pour qu’il ne reste pas cantonné à une dimension nationale et parisienne. Cette démarche s’appuie également sur notre programme MGEN Championnes Club, qui a permis d’équiper intégralement 55 clubs amateurs féminins de football, de basket et de handball, en France et en outre-mer. Nous les mettons en lumière dans les territoires. Onze équipes participent à leurs matchs et peuvent apporter leurs témoignages. La restitution de notre enquête Kantar sur l’abandon du sport chez les filles illustre cette volonté de proximité. Après sa présentation nationale, nos collègues ont organisé des événements en région, en invitant des présidents de clubs et des jeunes à témoigner sur l’abandon du sport et les conditions de la pratique féminine. Pour prendre tout son sens et s’inscrire dans la vie locale, ce partenariat doit s’incarner dans les territoires. 

Au-delà des invitations aux matchs, comment associez-vous vos publics internes à ce partenariat ?

C.T. : C’est une dimension essentielle de notre communication interne. Nous sommes une mutuelle, une entreprise de l’économie sociale et solidaire, inscrite dans le mouvement social. Nos responsables politiques, nos militants et nos équipes opérationnelles partagent une même culture et portent nos engagements sociétaux, qui constituent un axe majeur de différenciation. Nous expliquons chacun de nos partenariats à l’ensemble de nos publics internes : salariés, militants et bénévoles, présents dans tous les départements. Il s’agit de leur faire connaître ces initiatives, mais surtout d’en partager les raisons et les objectifs. Cette compréhension nourrit une fierté collective autour de nos engagements.

Nous souhaitons nous doter d’une méthodologie pour évaluer concrètement ce que nos partenariats, nos investissements et nos actions de prévention apportent à la société.

Au-delà du sport, quelle place l’événementiel  occupe-t-il dans votre communication ?

C.T. : Notre implantation dans toute la France nous permet d’organiser des événements aussi bien au niveau national qu’en région. Plusieurs rendez-vous importants sont notamment prévus en 2027 pour accompagner notre nouveau plan stratégique « Engagements 2030 ». ce plan prévoit notamment de mesurer l’impact social de nos actions. Nous souhaitons nous doter d’une méthodologie pour évaluer concrètement ce que nos partenariats, nos investissements et nos actions de prévention apportent à la société. Il prévoit notamment de mesurer l’impact social de nos actions. En tant que mutuelle, MGEN porte des engagements sociétaux. Nous souhaitons disposer d’une méthodologie permettant d’évaluer concrètement ce que nos partenariats, nos investissements et nos actions de prévention apportent à la société. Cette mesure peut constituer un facteur de différenciation et rendre plus lisible le sens de nos partenariats. Comme toute entreprise, nous cherchons à améliorer notre notoriété. Mais nous voulons aussi contribuer, à notre échelle, à bâtir une société plus juste et plus égalitaire.

Comment comptez-vous mesurer les effets de votre engagement dans le football féminin, au-delà de la notoriété ?

Les retombées presse autour de l’étude Kantar constituent un premier indicateur. Cette enquête met en lumière un constat : les filles n’abandonnent pas toutes le sport par choix. Pour la moitié de celles qui arrêtent, cette décision s’explique par des contraintes extérieures à leur volonté. Nous avons largement communiqué pour montrer qu’il s’agit d’un problème de société et de santé publique, qui concerne aussi bien les hommes que les femmes. Nous finalisons une nouvelle étude auprès des encadrants sportifs, des coachs et des professeurs d’EPS. Elle doit permettre de déterminer si leur perception corrobore celle des filles et des adolescentes interrogées lors de la première enquête. Nous croiserons ensuite les résultats de ces deux études pour concevoir un dispositif de formation destiné aux encadrants sportifs. L’objectif est de leur apporter des connaissances sur les freins identifiés, d’objectiver les situations et de leur proposer des pistes pour lever ces obstacles.