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le 15 septembre 2026
par Tanguy Leclerc

Comment Warner Bros. Discovery a fait de Versailles un Poudlard à ciel ouvert

Pour les 25 ans de Harry Potter au cinéma, Warner Bros. Discovery France a choisi Versailles pour renouveler l’expérience proposée aux fans et renforcer leur attachement à la franchise.
Warner Bros. Discovery

Pour célébrer les 25 ans de Harry Potter au cinéma, Warner Bros. Discovery France a offert à sa communauté un Poudlard à ciel ouvert dans un décor à la hauteur de l’événement. Le 29 août, plusieurs milliers de fans de toutes générations se sont retrouvés dans les jardins de l’Orangerie du château de Versailles pour une journée d’expériences immersives, prolongée par une édition exceptionnelle des Grandes Eaux Nocturnes aux couleurs de la saga.

Ce rendez-vous constituait le point culminant d’une année anniversaire inaugurée dès janvier par l’allumage de 2 000 bougies face à la tour Eiffel. Il marque également un nouveau changement d’échelle pour Retour à Poudlard, que Faubourg Stories conçoit et médiatise aux côtés de Warner Bros. Discovery France depuis 2019. Après le Poudlard Express installé gare Saint-Lazare, un quiz géant réunissant les quatre maisons ou encore une fan zone de Quidditch, l’agence devait une nouvelle fois surprendre sans rompre le lien avec les fondamentaux de la franchise. Avec plus de 350 retombées presse, 650 millions de contacts potentiels et 300 publications de créateurs de contenu, le pari semble réussi. Nathalie Lawson, VP Global Franchise chez Warner Bros. Discovery France, et Aude Steinberg, Fondatrice de Faubourg Stories, racontent les coulisses de cette célébration hors norme.

 Harry Potter est devenu un véritable phénomène  de pop culture, ancré dans le quotidien et jusque dans le langage des Français. Quel rôle  l’événementiel joue-t-il pour entretenir le lien avec sa communauté de fans ?

Nathalie Lawson  : Vingt-cinq ans après la sortie du premier episode au cinéma, la saga est désormais  un véritableun univers culturel. Pour certains, c’est même une madeleine de Proust. La franchise fédère aussi une communauté de fans qui ne cesse de se renouveler. 

Dans ce contexte, l’événementiel joue  un rôle stratégique : il transforme une passion individuelle en une expérience collective. Retour à Poudlard offre aux fans un moment privilégié pour se retrouver et célébrer ensemble leur attachement à la saga. C’est aujourd’hui notre rendez-vous le plus important et le plus fédérateur de l’année, une date incontournable dans le calendrier des sorciers.

Quelle est l’importance de cette communauté en France ? Combien de fans vos événements parviennent-il sà rassembler ?

N.L. : Harry Potter bénéficie aujourd’hui d’une notoriété exceptionnelle : plus de trois Français sur quatre connaissent la franchise. Chacun de nos événements rassemble plusieurs milliers de personnes, tandis que notre communauté compte plusieurs millions de fans sur les réseaux sociaux. Elle dépasse largement le cercle des fans historiques, notamment grâce à la transmission entre les générations. Les parents qui ont grandi avec Harry Potter partagent désormais cet univers avec leurs enfants. Nos événements sont précisément conçus pour favoriser cette rencontre : les adultes renouent avec ce qui les a fait vibrer, tandis que les plus jeunes se créent leurs propres souvenirs. Cette dimension transgénérationnelle contribue largement au succès de ces rendez-vous.

Comment Retour à Poudlard est-il né et comment le rendez-vous a-t-il évolué depuis son arrivée en France en 2019 ?

Warner.Bros Discovery

N.L. : Le rassemblement est né en 2016 à la gare de King’s Cross, à Londres, où les fans avaient pris l’habitude de se retrouver spontanément. Nous nous sommes progressivement demandé comment accompagner ce rendez-vous créé par la communauté et quelle expérience supplémentaire Warner Bros. pouvait lui apporter. Retour à Poudlard s’est ainsi construit autour de trois piliers : la gratuité, l’immersion et la dimension communautaire. L’objectif est de fidéliser les fans historiques, d’offrir une porte d’entrée aux nouvelles générations et, bien sûr, de susciter la conversation autour de la franchise.

Pour continuer à surprendre le public, nous explorons chaque année une nouvelle facette de l’univers de Harry Potter. En France, nous avons notamment installé le Poudlard Express sur le parvis de la gare Saint-Lazare et imaginé une zone de Quidditch à l’occasion des Jeux olympiques de 2024. L’an dernier, nous avons également investi la bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris, pour organiser un grand quiz, accessible en ligne où plus de 130 000 participants se sont connecté.

L’événement existe-t-il dans d’autres pays ?

N.L. : C’est aujourd’hui une célébration mondiale, et pas uniquement européenne. Elle existe notamment aux États-Unis et en Chine, où elle peut réunir des centaines de milliers de personnes. Chaque pays s’approprie Retour à Poudlard en fonction de ses propres spécificités culturelles.

En dehors de ce rendez-vous, comment faites-vous vivre la communauté tout au long de l’année ?

N.L. : Cette année revêt une dimension particulière puisqu’elle marque les 25 ans de Harry Potter au cinéma. Avec Warner Bros. Discovery Global Consumer Products, nous avons élaboré une stratégie destinée à rythmer cette année anniversaire par plusieurs temps forts. La franchise vit néanmoins toute l’année, à travers les réseaux sociaux, les relations presse et l’influence, mais aussi grâce aux initiatives de nos partenaires. Gallimard Jeunesse organise par exemple, chaque année depuis dix ans au mois de février la Nuit des livres Harry Potter. Des centaines de libraires permettent alors au public de découvrir ou de redécouvrir la saga. La fin de l’année sera néanmoins marquée par un temps fort majeur pour la franchise avec l’arrivée de la série Harry Potter sur HBO, qui ouvrira un nouveau chapitre dans la relation entre cet univers et sa communauté.

 Comment le choix du château de Versailles s’est imposé cette ? Le changement d’échelle par rapport aux éditions précédentes est spectaculaire…

A.S. : Avec Nathalie, nous voulions surprendre les fans en investissant un lieu à la fois inattendu et grandiose. Mais il ne s’agissait pas de choisir un simple décor : nous recherchions un partenaire capable de dialoguer avec l’univers de Harry Potter. Versailles et Poudlard sont deux châteaux iconiques, chargés d’histoire et profondément ancrés dans l’imaginaire collectif. Cette rencontre s’est traduite par une journée gratuite et immersive dans les jardins de l’Orangerie, marquée par le grand cours de sort de Paul Harris, le chorégraphe des sorts des films, puis par une édition spéciale des Grandes Eaux Nocturnes. L’ensemble de l’expérience, de la scénographie à la direction artistique, a été co-construit avec Château de Versailles Spectacles afin de faire vivre l’univers de Harry Potter tout en respectant l’identité du lieu.

Aude Steinberg : Parce que, dans ce type de rendez-vous communautaire, le fan doit rester au cœur de l’expérience. La présence de Paul Harris répondait déjà à une attente forte : rencontrer l’un de ceux qui ont contribué à créer la magie de Harry Potter. Nous aurions pu ajouter des effets spéciaux, mais ils n’étaient pas indispensables. Voir des milliers de personnes reproduire les mêmes gestes et se livrer ensemble à des batailles de sorts suffisait à faire naître la magie. Les fans eux-mêmes faisaient le spectacle.

Après le quiz consacré à la saga l’an dernier, vous avez choisi cette année de mettre les sorts à l’honneur. Certains éléments de l’univers de Harry Potter fédèrent-ils davantage les fans que d’autres ?

N.L. : La richesse de la saga permet à chaque fan d’entretenir une relation singulière avec son univers, en fonction de ses souvenirs et de son histoire personnelle. Poudlard, les maisons, les costumes ou les sortilèges sont autant d’éléments iconiques. Notre objectif n’est donc pas de privilégier l’un d’entre eux, mais d’explorer chaque année une nouvelle facette de la franchise pour continuer à surprendre la communauté.

Réunir des générations qui n’ont ni découvert Harry Potter au même moment ni développé le même rapport à la saga est une gageure. Comment vous-y prenez-vous ?

N.L. : La transmission est devenue essentielle dans l’univers de Harry Potter. Les parents retrouvent un monde qui a marqué leur enfance, tandis que leurs enfants construisent leur propre relation avec la saga. Notre objectif est de leur permettre de partager une expérience commune, quels que soient leur âge et leur degré de connaissance de la franchise.

A.S. : Nous nous appuyons également sur les partenaires de Harry Potter pour proposer des animations complémentaires. Cette année, Lego invitait les visiteurs à participer à une grande fresque collaborative, Lunii avait imaginé une expérience autour des répliques cultes et Gallimard présentait une exposition dans les jardins de l’Orangerie. Ces différents points d’entrée permettent de s’adresser aussi bien aux enfants qu’aux adultes, aux connaisseurs qu’à ceux qui découvrent la saga. Chacun doit pouvoir trouver une expérience qui lui corresponde.

 L’été 2026 a été particulièrement éprouvant pour les événements culturelles en plein air. Comment aviez-vous anticipé  les risques météorologiques à Versailles ?

A.S. : Les conditions n’ont pas été très favorables et nous avons effectivement dû composer avec la pluie. Mais, dès la conception de l’événement, l’ensemble des installations et des éléments scénographiques avait été pensé pour résister aux aléas météorologiques, qu’il s’agisse de fortes chaleurs ou d’intempéries. Par ailleurs, Château de Versailles Spectacles est très rodé sur ce type de problématique, et le show final a pu se dérouler sans encombres.