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Mobilités
le 13 octobre 2026

Appels d’offres hôteliers : l’IA change la négociation, pas le rôle de l’acheteur

Face à la multiplication des tarifs, des hôtels et des critères de choix, l’IA promet de transformer les appels d’offres hôteliers. Mais entre négociation continue, maîtrise des coûts et expérience voyageur, les acheteurs veulent garder la main sur les arbitrages. Synthèse anonymisée d’un débat organisé dans le cadre d’un atelier des HA Days Travel & Mobility, les 7 et 8 octobre à Deauville.
Ce qu’il faut retenir . L’IA éclaire les arbitrages, sans effacer la responsabilité de l’acheteur . La négociation continue dépend de données fiables et de tarifs réellement disponibles . Le ROI doit intégrer économies, conformité, service, sécurité et impact environnemental

Jusqu’où automatiser sans déposséder l’acheteur ?

La première question est celle du partage des rôles entre outil, consultant et acheteur.

« L’IA va analyser les données du client, repérer les nouvelles destinations, mesurer la performance des tarifs négociés et proposer les hôtels à interroger. »
« Ce qui compte, ce n’est pas d’envoyer un appel d’offres à des milliers d’hôtels. Il faut identifier ceux qui ont du sens pour le client, au bon prix et avec le bon service. »
« Nous restons maîtres de l’outil. Nous pouvons pondérer nos choix et positionner le curseur selon nos objectifs. »

Mieux négocier, ou négocier plus finement ?

La granularité des prix ne suffit pas : la disponibilité reste décisive.

« Dans l’hôtellerie, il y a une masse de données et de prix. Chaque chambre peut être vendue à des tarifs très différents. Tout seul, c’est très compliqué à analyser. »
« Un tarif performant doit aussi être disponible. Nous voyageons dans de grandes villes, mais aussi dans des zones rurales. Un bon prix indisponible ne nous sert à rien. »
« Sur une destination où le tarif garanti est presque toujours disponible, pourquoi le surpayer toute l’année ? L’outil peut recommander une formule moins chère. »

Vers la fin du grand appel d’offres annuel ?

Le rythme même de la négociation est remis en cause.

« Aujourd’hui, je passe deux mois à challenger les hôtels pour obtenir les meilleurs tarifs. On pourrait le faire toute l’année. L’appel d’offres annuel, je trouve que c’est une hérésie. »
« L’intérêt, à terme, c’est de pouvoir agir en continu : repérer un tarif non respecté, une nouvelle destination ou un volume qui justifie une négociation. »
« Il faut alimenter le programme hôtelier au fur et à mesure, sans attendre deux mois pour négocier un contrat qui ne s’appliquera que l’année suivante. »

Prix, voyageurs, service et CO₂ : comment arbitrer ?

Les participants défendent une performance plus large que les seules économies.

« Il faut sortir de la seule logique de coût. La valeur, c’est aussi le service, l’empreinte carbone et le bien-être du voyageur. Nos indicateurs vont devoir évoluer. »
« Je défends les tarifs garantis, même s’ils coûtent plus cher. Et je veux aussi que l’on détecte des anomalies, par exemple lorsqu’une chambre accessible est facturée davantage. »
« Nous suivons quatre axes : économies, sécurité des voyageurs, durabilité et qualité de service. Si vous voulez réduire le prix de 5 %, il faut pouvoir montrer l’impact éventuel sur le service. »

Quels gains réels, et à quelles conditions ?

Reste à transformer la promesse technologique en résultats vérifiables.

« Nous avons mis nos données à disposition pour tester l’outil. Il a fallu beaucoup de réunions pour comprendre d’où elles venaient et discuter des résultats. »
« Notre problème, c’est aussi le leakage : les voyageurs réservent hors des canaux de l’entreprise. Il faut une offre pertinente et des tarifs lisibles pour les y ramener. »
« L’objectif n’est pas de supprimer le pilotage. C’est de rationaliser nos décisions avec les données disponibles et, demain, de savoir quand nous avons réellement mieux acheté. »