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le 13 octobre 2026

Logiciels : les acheteurs peuvent-ils encore tenir tête aux éditeurs ?

Hausses tarifaires, abonnements SaaS, dépendance technologique et nouvelles offres d’IA : les éditeurs imposent souvent leurs règles. Face à eux, les directions achats misent sur l’anticipation, la gouvernance et une meilleure connaissance des usages pour retrouver des marges de manœuvre. Synthèse anonymisée d’un débat organisé dans le cadre d’un atelier des HA Days Indirects & Sauvages 2026, les 7 et 8 octobre à Deauville.
Ce qu’il faut retenir . Anticiper les échéances et cartographier licences, usages et dépendances avant toute négociation . Faire travailler ensemble achats, DSI et juridique pour sécuriser prix, clauses et gouvernance . Évaluer les fonctionnalités et les coûts réels de l’IA avant de généraliser les abonnements

Face aux éditeurs dominants, quels leviers pour les achats ?

Le verrouillage technologique réduit d’abord la marge de négociation.

« Les éditeurs savent qu’on ne peut pas changer de logiciel du jour au lendemain. Alors c’est augmentation sur augmentation, sans aucune justification. »
« Même si on fait jouer la concurrence, le passage au SaaS implique de toute façon une claque financière : les modèles sont complètement différents. »
« On peut aussi donner de la visibilité à l’éditeur, construire une feuille de route commune à trois ou cinq ans. Cela permet de ne pas subir uniquement sa stratégie commerciale. »

Anticiper dix-huit mois ou deux ans : une nécessité ?

La négociation se gagne bien avant le renouvellement.

« Ce genre de négociation peut durer six à neuf mois. Plus on s’y prend tôt, plus c’est intéressant. »
« Il faut décider quand on va négocier, plutôt que subir l’appel de l’éditeur un mois avant le renouvellement. Là, on est pieds et poings liés. »
« J’aime les attaquer sur leur clôture annuelle, mais l’année avant la fin du contrat. C’est là qu’on a encore la possibilité de partir. »

Achats, DSI, juridique : construire un front commun

La préparation exige une organisation transversale.

« La première chose, c’est l’alignement entre les parties en interne : la DSI, les achats et le juridique. Ce trinôme est fondamental. »
« Le Software Asset Management, c’est une tour de contrôle : savoir ce qu’on possède, comment on l’utilise et quelles sont les échéances. »
« Quand on n’a pas tous le même discours et qu’on travaille en silos, cela devient très compliqué. Il faut casser ces silos au maximum. »

Le contrat peut-il rééquilibrer la relation ?

Au-delà du prix, les clauses constituent un terrain de négociation.

« J’aime mettre une clause de protection au renouvellement, pour plafonner les augmentations. Il faut la négocier dès le premier contrat : c’est là qu’on a le plus de leviers. »
« Cinq ans, pourquoi pas, mais avec des portes de sortie ou des leviers pour rouvrir les discussions. Il ne faut pas se retrouver enfermé dans un tunnel. »
« Mes acheteurs passent 60 % de leur temps à négocier du contrat. Entre les standards des éditeurs et les nôtres, trouver un consensus reste très complexe. »

IA : comment ne pas payer avant de prouver la valeur ?

L’IA ajoute une incertitude sur les usages et les modèles économiques.

« Dans les bundles, on nous ajoute des outils gratuits au départ, puis une facturation se déclenche. Il faut être hyper vigilant. »
« Beaucoup d’entreprises ont du mal à prévoir le budget nécessaire à leur consommation d’IA. Utiliser le bon modèle pour le bon usage devient essentiel. »
« Avant d’internaliser un logiciel avec l’IA, il faut regarder le retour sur investissement : combien de jours de développement, combien de temps et combien cela coûte réellement ? »