
Tous les ans, la manifestation majeure de l’écosystème SAP est la Convention USF organisée par l’association des utilisateurs SAP francophones avec environ 3000 participants en cumulé. L’édition 2026, la vingt-sixième, se déroule au Palais des Congrès de Strasbourg les 14 et 15 octobre 2026, la première édition de la nouvelle déléguée générale Magali Nogueira qui a remplacé Elysabeth Blanchet partie à la retraite. La thématique de l’année est « La souveraineté européenne : un défi pour garantir la confiance dans nos applications ». A cette Convention européenne par son thème, Magali Nogueira et Gianmaria Perancin, président de l’USF, ont accueilli des représentants de plusieurs pays et se sont exprimés, à l’ouverture, en plusieurs langues. La Convention a accueilli le dernier-né des clubs utilisateurs SAP, celui de la zone Afrique.
« La souveraineté, ce n’est pas l’autarcie mais la maîtrise » a rappelé Gianmaria Perancin. Il s’est réjoui des avancées de SAP l’année écoulée. Le sujet de la souveraineté a été évoqué par l’USF depuis plusieurs années, à une époque où SAP n’avait pas encore saisi l’importance du sujet. Le rôle de l’USF reste d’examiner ces offres et d’en vérifier la pertinence, le respect des promesses et les coûts. La Convention veut être un lieu d’échanges entre pairs pour avoir des enseignements directement exploitables. Outre les six conférences en plénières en matinées, pour prendre du recul, 70 ateliers sont organisés en après-midi. 112 exposants présentent leurs solutions dans l’espace d’exposition. La Convention est aussi l’occasion de présenter les livres blancs et autres activités de l’association. La septième édition de l’étude de satisfaction sur les services SAP sera dévoilée lors de la deuxième matinée.
La souveraineté IT vue par SAP
Avocate, ancienne membre du CNN, Amal Taleb représente SAP auprès des autorités européennes. Elle a été la première intervenante externe de la Convention USF. Bien entendu, elle a rappelé l’importance de SAP dans l’écosystème Tech européen depuis 35 ans. Elle a plaidé, là aussi sans surprise, pour le développement des usages des progiciels, du Cloud et de l’IA pour accroître la performance des entreprises. Et elle n’a pas éludé le débat du moment, la souveraineté numérique européenne dans un cadre géopolitique où les égoïsmes nationaux reprennent du poids. L’approche de chaque pays européen reste assez variée : résilience, maîtrise des dépendances ou autonomie stratégique.
L’Union Européenne elle-même amène des règles pour améliorer la souveraineté numérique européenne, notamment dans les marchés publics. SAP Sovereign Cloud se veut être une réponse à ces enjeux ou, plutôt, une famille de réponses pour les différentes couches IT avec l’IA Joule en fil rouge. Les différentes briques de cette offre sortent actuellement avec un calendrier courant jusqu’en 2028. Bleu, S3NS, cloud SAP, cloud privé… l’hébergement peut varier.
L’IA souveraine est possible
« On va parler d’IA, sujet sur lequel je travaille depuis quarante ans, et je n’en peux plus et depuis trois ans je déguste » a déclaré Luc Julia en ouvrant son intervention sur l’IA souveraine européenne. Le terme intelligence artificielle a été employé au début en août 1956. L’IA est avant tout des mathématiques voire des statistiques. L’IA générative n’est qu’une évolution de ce qui existe depuis quarante ans. Luc Julia a soupiré : « dans IA, ce qui pose problème c’est intelligence car l’IA est complètement conne. » L’IA arrive ainsi à reconnaître un chat dans 98 % des cas à partir de millions d’images là où un enfant de deux ans arrive à reconnaître des chats à 100 % à partir de quelques chats. Le choix du chat est simplement lié au fait qu’Internet est rempli d’images de chats. Et, sur Internet, tout n’est pas vrai…
Mais Luc Julia reconnaît que l’IAG est tout de même une révolution des usages : avant, l’IA était réservée aux experts, désormais le vulgum pecus peut travailler avec une IA en langage naturel grâce au prompt. Mais l’illusion de l’intelligence survient avec l’anthropomorphisation liée à ce dialogue. L’IA est un modèle statistique, ni un pote qui donne de bons conseils, ni un psychologue. L’IA est un outil dont il faut comprendre les tenants et aboutissants et qu’il faut utiliser à bon escient. « L’IA ne m’est utile que si je suis expert dans le domaine où je vais l’utiliser pour valider les résultats » a insisté Luc Julia. Cela dit, il insiste sur la nécessité de s’emparer de l’IA mais en comprenant que ce n’est pas magique : « ne pas faire ou faire à outrance sont les deux erreurs ». Et Luc Julia a rappelé : « les Français sont les meilleurs du monde en mathématiques et la France a, de ce fait, la meilleure IA mais c’est une triste réalité parce que cela ne se voit pas. » Sur la couche matérielle, la Chine a acquis une souveraineté à laquelle l’Europe a renoncé. Sur la couche d’infrastructure, le cloud européen reste minable par rapport aux hyperscalers européens mais la bascule est possible à court terme. Enfin, sur la couche logicielle, data et IA, l’Europe peut faire ce qu’elle veut.






