
Pour prendre le pouls d'une société, il suffit, dit-on, de descendre dans la rue. Elle ne ment pas et demeure le baromètre le plus honnête de l'humeur d'un pays. En ce début d'automne, elle est pour le moins éruptive. Les lycéens l’occupent pour dénoncer des dirigeants qu’ils jugent à la rue. Ça crie, ça s’affronte, ça réprime… Une semaine après la liesse populaire qui a accompagné la visite du pape, le changement d’atmosphère est brutal. Une foule en liesse est-elle plus mobilisatrice qu'une foule en colère ? Tout dépend du côté où l'on se place. Mais l'une comme l'autre prouve la même chose : se rassembler reste le moyen de communiquer le plus direct. Les professionnels de la communication le savent depuis longtemps et font de la rue un terrain de jeu inépuisable : ils l’animent, la détourne, la mette en scène. La rue est un théâtre d’émotions sans pareil, le cordon ombilical qui relie l'individu à la société. C’est ce qui la rend si désirable.





