Régulièrement, la Cour des Comptes publie régulièrement des rapports sur la gestion des deniers publics, notamment pour vérifier la pertinence des dépenses et investissements opérés. Les magistrats de la rue Cambon se sont ainsi penchés sur la stratégie publique de soutien à l’informatique quantique. Si la France dispose d’atouts certains dans ce domaine, le marché demeure, selon la Cour, très étroit et supposera une réduction du nombre de start-ups qui se consacrent à cette famille technologique. Malgré quelques critiques sur l’équilibrage des différents postes d’investissement, le rapport se félicite : « l’enquête a mis en évidence la qualité de la gestion des fonds alloués au quantique, grâce à une gouvernance centralisée et à une stratégie équilibrée ».
Cependant, les perspectives semblent nettement plus sombres. Prenant acte que la France est une puissance moyenne qui ne peut pas suivre les niveaux d’investissements d’autres pays (notamment les Etats-Unis). Les start-ups françaises subissent une fragilité liée à leur impossibilité de lever autant de fonds que celles d’Outre-Atlantique, notamment à cause d’un manque d’intérêt de la part des investisseurs privés français. Pour la Cour, maintenir la stratégie et les montants d’investissements publics actuels risque de juste aboutir au rachat des technologies françaises par des firmes étrangères. L’alternative serait évidemment d’accroître considérablement les investissements mais cela ne serait possible qu’en réduisant d’autres investissements publics. La réorientation des investissements vers d’autres technologies est également envisagée mais impliquerait « le risque d’une perte de souveraineté sur l’ordinateur quantique ». Ne pas choisir de stratégie, c’est juste dépenser de l’argent. Mais définir une stratégie implique aussi d’en assumer les conséquences.