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Grands événements
le 8 septembre 2026
par Tanguy Leclerc

Days de L'Événementiel : Paroles de speaker / Anne-Laure Sanguinetti / Emeria

La SVP Communication Groupe d’Emeria interviendra aux Days de l’Événementiel sur la capacité de l’événement à faire naître un collectif. Elle nous livre en avant-première ses convictions.

Croissance, réorganisation, transformation... pourquoi la nécessité de recréer du collectif est-elle devenue si central dans les stratégies de communication interne ? Et quelle place l'événement peut-il occuper dans cette dynamique ?

 A-L.S. : Parce que toute transformation commence par bousculer, avant de fédérer. Fusions, réorganisations, repositionnements… ces moments remettent en question les repères et fragilisent parfois les sentiments d’appartenances ; face à l’incertitude, chacun peut avoir tendance à se recentrer sur lui-même ou sur son propre périmètre, au risque de perdre de vue ce qui constitue le « nous » collectif. 

Les outils classiques de communication interne  -  emails, intranets, newsletters – sont indispensable pour informer, mais ils ne suffisent pas toujours à créer du lien. L'événement, lui, apporte quelque chose de profondément différent : une expérience partagée, vécue au même moment et dans un même espace, par des personnes qui n'auraient peut-être jamais été amenées à se croiser. C'est précisément ce qui lui confère aujourd’hui une place stratégique : il ne se contente pas de transmettre une vision, il permet à chacun de le ressentir et de se l’approprier.

 Selon vous, comment un événement peut-il parvenir à réunir des collaborateurs qui, parfois, n'ont jamais eu le sentiment d'appartenir à un même groupe, au-delà des frontières de métiers, d'entités ou de pays ?

 A-L.S. : La clé, consiste d’abord à ne pas faire comment si ces frontières n'existaient pas. L’appartenance à un pays, à une culture ou à un métier participe à l’identité de chacun. Elle doit être reconnue pour permettre à chaque collaborateur de devenir pleinement acteur du collectif à construire. L’objectif est de créer les conditions pour que ces frontières invisibles deviennent perméables. Trois leviers me semblent essentiels :

L'expérience émotionnelle partagée : créer un moment fort, une surprise ou un défi collectif qui permette à la fois de célébrer la diversité et de rassembler autour d’affinités culturelles, sportives ou autres.

La conception des espaces de rencontre : provoquer les mélanges des profils et imaginer  des formats qui encouragent réellement les échanges et la collaboration.

Le récit commun : créer une narration dans laquelle chacun, quel que soit son métier ou son pays,  puisse se reconnaître et trouve sa place. Ce sont tous ces moments vécus ensemble qui, progressivement, font naître une mémoire commune.

 Une fois l'effet de groupe retombé, qu'est-ce qui permet à cette dynamique de s’inscrire durablement dans le quotidien des équipes ?

 A-L.S. : L'événement ne doit jamais être pensé comme une parenthèse,, mais comme un point de départ. La dynamique qu’il crée ne peut durer que si elle a été préparée en amont et si elle  continue d’être cultivée par la suite. 

Avant l’événement, il s’agit d’impliquer les collaborateurs à sa conception, pour qu'ils en deviennent pleinement acteurs et non de simples spectateurs. 

Après, il est essentiel de donner des prolongements concrets à l’élan collectif : créer des groupes de travail transverses, instaurer des rituels réguliers, lancer des projets communs ou encore transmettre des outils et des souvenirs qui entretiennent l’expérience vécue. Et surtout, de poser des mots sur ce qui s'est passé, de reconnaître publiquement qu’une nouvelle dynamique est née que ce collectif existe désormais. Car un collectif qui ne se voit pas, finit par douter de lui-même. L'événement fondateur n'a de valeur que s'il s’accompagne d'une volonté durable de faire vivre ce qu'il a fait naître.