
La facturation électronique est désormais une réalité pour les entreprises. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises concernées doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques, tandis que les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) doivent également les émettre. Mais derrière cette nouvelle obligation se joue un chantier qui dépasse largement la seule mise en conformité : celui de la préparation des fournisseurs et, plus largement, de la fiabilité de toute la chaîne achats.
La facturation électronique met d’abord en lumière un sujet bien connu des directions achats : la qualité des données fournisseurs. Une raison sociale mal renseignée, un numéro SIREN erroné, des coordonnées bancaires obsolètes ou des doublons peuvent compliquer le traitement d’une facture et entraîner des rejets ou des retards de paiement. La réforme pousse donc les entreprises à fiabiliser leurs bases fournisseurs dès l’entrée en relation avec un nouveau partenaire. L’onboarding, c’est-à-dire l’enregistrement et la vérification des informations du fournisseur, prend ici toute son importance. Derrière la conformité des factures se joue aussi la fiabilité des données fournisseurs.
La réforme touche également toute la chaîne, de la commande au paiement : réception, rapprochement avec la facture, validation puis règlement. L’automatisation peut accélérer ces étapes, mais elle ne règle pas tout. Une facture correctement transmise peut toujours ne pas respecter les prix ou les conditions négociés avec le fournisseur. Le contrôle reste donc essentiel, tout comme la coordination entre les Achats, la Finance et les équipes IT.
La préparation des fournisseurs, l’autre défi de la réforme
La réussite de la réforme dépend aussi de la capacité des fournisseurs à s’adapter. Une grande entreprise peut avoir préparé ses outils et ses équipes, mais rester confrontée à des difficultés si certains de ses fournisseurs ne sont pas prêts : mauvaise transmission des informations, factures rejetées ou encore retards de traitement et de paiement.
Pour les directions achats, l’enjeu est donc aussi d’identifier les fournisseurs les plus critiques, de les informer et de les accompagner dans la transition. Une vigilance d’autant plus importante que toutes les entreprises n’avancent pas au même rythme : les PME et microentreprises disposent jusqu’au 1er septembre 2027 pour être à leur tour soumises à l’obligation d’émission.
La facturation électronique devient ainsi un véritable sujet de relation fournisseurs. Elle n’est donc plus seulement l’affaire de la Finance. Les Achats ont désormais un rôle direct à jouer.