Achats
Marketplace
le 13 octobre 2026

Tail spend : reprendre le contrôle des petites dépenses sans alourdir les achats

Derrière les achats de faible montant se cachent des coûts administratifs, des fournisseurs dispersés et des besoins très spécifiques. Pour les directions achats, le défi consiste à rationaliser les flux tout en préservant l’autonomie des métiers et en préparant de nouveaux leviers de performance. Synthèse anonymisée d’un débat organisé dans le cadre d’un atelier des HA Days Indirects & Sauvages 2026, les 7 et 8 octobre à Deauville.
Ce qu’il faut retenir . Cartographier les dépenses et leurs coûts administratifs avant de chercher des remises . Automatiser les achats récurrents tout en préservant l’autonomie et les critères . RSE Réserver les acheteurs aux exceptions ; l’IA reste une piste à éprouver sur les achats spécifiques

Des économies, mais d’abord des coûts cachés

« Même si c’est 100 euros, on n’achète pas comme ça. Il faut reprendre le contrôle, avec des processus et de la digitalisation. »
« La première année, c’est l’identification des énormes coûts cachés : référencer chaque fournisseur, traiter chaque facture, gérer les dépenses manuelles. »
« Un fournisseur dans mon système, ça me coûte très cher. Sa vie dans mon système me coûte très cher : cette partie-là, je la confie à un prestataire. »

Le sujet dépasse donc la seule négociation des prix.

Rationaliser sans compliquer la vie des métiers

« J’ai commencé avec cinq catalogues ; aujourd’hui, j’en ai une cinquantaine. L’opérationnel trouve ce qu’il veut et, si tout est négocié, il ne voit pas les achats. »
« Avant, un post-it prenait deux minutes. Si la demande d’achat prend dix minutes, il faut réduire ces clics et garder la fluidité du service. »
« Les produits sont tellement différents : du vernis à ongles, des fleurs, des boulons… Comment faire vivre tous ces catalogues sans y passer trop de temps ? »

La simplification du parcours utilisateur reste une condition d’adhésion.

Autonomie encadrée : le bon niveau de contrôle

« L’objectif, c’est de donner de l’autonomie aux utilisateurs sans passer par les achats, pour une question d’efficacité. »
« On évite de créer un fournisseur pour une commande qui n’arrive qu’une ou deux fois par an. La plateforme passe la commande et gère le fournisseur. »
« Le fournisseur charge ses mises à jour de prix ; l’acheteur vérifie les écarts et valide. On partage l’effort, avec un seul point d’entrée pour les opérationnels. »

Cette délégation suppose des règles claires et des outils suivis.

Les achats responsables à l’épreuve du terrain

« Il y a les enjeux RSE, les enjeux de localité : le boulanger, le marché du coin… On ne peut pas répondre à tous ces besoins avec une seule plateforme. »
« On peut mettre en avant les produits certifiés durables, les PME, le reconditionné et identifier des vendeurs locaux, jusqu’au niveau de la ville. »
« Je suis audité tous les ans. Avec le reporting, je peux montrer ce qu’on met en avant et suivre l’objectif d’augmenter la part d’achats responsables. »

La centralisation n’efface toutefois pas les arbitrages de proximité.

Après la consolidation, retrouver des leviers achats

« Je regarde les habitudes de consommation : beaucoup de commandes, beaucoup d’articles, un faible montant annuel. Là, il y a un sujet catalogue. »
« Un an après, le partenaire analyse nos consommations et revient avec des propositions de remises. L’acheteur ne peut pas passer son temps là-dessus. »
« Nous avons découvert que 80 % de ces dépenses étaient des achats spécifiques. Mettre un acheteur sur une prestation à 10 000 euros, ça n’a pas de sens. »

La visibilité retrouvée ouvre alors une deuxième phase.

L’IA, promesse d’un pilotage moins chronophage

« La première étape, c’est l’analyse : voir de quoi on parle, sinon les acheteurs s’épuisent sur des demandes à faible valeur qui peuvent être automatisées. »
« On aimerait une plateforme qui, à partir du besoin, propose deux ou trois fournisseurs à consulter, avec le courriel presque prêt. On compte énormément sur l’IA. »
« On n’a pas trouvé sur le marché quelque chose de convaincant. Ce sont les achats spécifiques qui prennent du temps et pour lesquels il faut simplifier la consultation. »

Sur ce dernier terrain, les échanges portent surtout sur des attentes, non sur des résultats déjà démontrés.