
Les métiers de la cybersécurité, de l’IA et de quelques autres besoins fondamentaux des entreprises bénéficiaient, jusqu’à présent, de salaires particulièrement élevés et en croissance, poussés par une pénurie des talents. Or les stars changent. Deux baromètres publiés à quelques jours d’intervalle par deux cabinets de recrutement le soulignent. Le cabinet généraliste Robert Half ne note ainsi qu’un seul métier du numérique dans son classement des « Jobs en Or » de la rentrée 2026. Quant au cabinet spécialisé Silkhom, il note que la hiérarchie des salaires est bien bousculée entre métiers du numérique.
Pour Robert Half, « architecte cloud » est en effet le seul « Job en Or » relevant du numérique. Il est cinquième dans la liste. « Ce poste fait une entrée remarquée dans le baromètre avec des salaires élevés, illustrant l'accélération massive des projets de migration vers le Cloud » note le cabinet. Dans les dix « Jobs en Or », on trouve avant tout des métiers relatifs à la finances : responsable consolideur (1ère place), contrôleur de gestion industriel (2), responsable planification budgétaire (3) et directeur comptable (4). Derrière l’architecte cloud, en cinquième, on trouve le directeur commercial (6), le directeur de la conformité (7), en 8 et 9 deux postes RH (HR Business Partner, gestionnaire de paie) et, pour terminer, le gestionnaire export.
La cybersécurité n’est plus la garantie d’augmentations faramineuses
Contrairement à Robert Half, Silkhom se focalise sur les métiers IT/Data/IA. Et les tendances peuvent être surprenante. Ces dernières années, les experts en cybersécurité pouvaient se considérer comme les rois du pétrole. Ce n’est plus le cas. Ainsi, Silkhom note une baisse des salaires d’embauche avec -8,8 % pour les ingénieurs cybersécurité et -9,4 % pour les DevSecOps. Il est vrai que les niveaux atteints ces dernières années étaient peut-être excessif et qu’il faut voir cette baisse comme un retour à une situation plus convenable. A l’inverse, les salaires côté data/IA continuent de progresser : +11,8 % pour les Data Scientists, +10,2 % pour les Data Engineers.
Silkhom tire deux conclusions : d’une part, la tension sur le marché ne suffit plus à justifier une explosion des salaires, d’autre part, les profils les plus demandés sont ceux qui réduisent la complexité, fiabilisent, industrialisent et font passer à l’échelle. L’inventeur fou n’est plus à la mode. Certaines compétences permettent d’exiger des salaires très élevés comme le développeur Rust à près de 71 k€ ou le Chief Data Officer à 130 k€. Un Prompt Engineer est le moins bien coté avec 49,7 k€ tandis qu’un ingénieur IA est aux environs de 60 k€, un spécialiste IA Générative à 74 k€ et un AI Security Specialist à plus de 81 k€. Silkhom insiste également sur le fait que le salaire n’est plus, aujourd’hui, la clé de la fidélité : le télétravail intégral est ainsi prioritaire sur l’argent.