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Grands événements
le 23 octobre 2026
par Tanguy Leclerc

Paris Games Week 2026 : priorité au jeu

Du 22 au 25 octobre, le salon mise sur la pratique, la circulation des visiteurs et un déploiement hors-les-murs dans Paris pour conforter son attractivité.
© PGW / Christophe Lemaître

Faire jouer davantage pour mieux fidéliser le public : pour sa quinzième édition, la Paris Games Week (PGW) corrige le tir après une année 2025 largement ouverte aux concerts et à la pop culture. « Le public apprécie l’expérience et tout le contenu que nous sommes capables d’ajouter, mais le cœur du réacteur reste le jeu », résume Thomas Held, directeur général de Rivaj, qui organise le rendez-vous avec GL events Exhibitions et le SELL. À Paris Expo Porte de Versailles, cette « Playground Edition » entend répondre à une attente précise : selon l’enquête visiteurs des organisateurs, 83 % du public vient pour tester des jeux. « Attendre quatre heures et n’avoir joué qu’à deux jeux vidéo à la fin de la journée serait une vraie déception, une vraie frustration », souligne Thomas Held. Aux installations des quelque 185 exposants présents s’ajoutent donc plus de 250 postes sur console et PC déployés par l’organisation, ainsi que des espaces consacrés au jeu mobile. Après les 161 000 entrées enregistrées sur quatre jours en 2025, contre 188 000 sur cinq jours en 2024, le salon doit défendre sa capacité à mobiliser à l’approche des achats de Noël, dans une industrie fragilisée par les restructurations. Le vivier reste considérable. L’étude SELL/Médiamétrie « Les Français et le jeu vidéo », dévoilée le 21 octobre, recense 38,7 millions de joueurs de 10 à 80 ans, contre 40,2 millions en 2025. Leur âge moyen atteint 40 ans, 89 % sont adultes et les femmes représentent désormais la moitié des pratiquants. Pour les exposants, le potentiel de rencontre déborde donc largement le public adolescent.

© PGW / Christophe Lemaître

Un parcours visiteurs repensé

La nouveauté la plus structurante tient au parcours proposé aux visiteurs. Baptisé «Playground Edition », le salon devient un parcours interactif en 10 étapes, accessible depuis l’application officielle, qui invite les visiteurs à explorer les différents univers de la PGW, relever des défis, collectionner des badges et tenter de remporter des récompenses. Au-delà de l’animation, le dispositif doit irriguer l’ensemble du hall, alors qu’une partie du public tend à rester dans les grandes allées et autour des principaux éditeurs. « Pour cumuler des points et des badges, il faudra aller aux quatre coins du salon », explique Thomas Held. Une façon d’accroître l’exposition des espaces périphériques, notamment la zone familiale et la scène esport, qui revient au fond du hall 1. L’offre associe aussi un musée du jeu vidéo de près de 400 m² et un espace de 3 000 m² consacré aux cartes à collectionner. Le Dôme de Paris accueille des nocturnes à billetterie distincte, mais n’est plus exploité en journée, les déplacements entre les deux sites ayant montré leurs limites. Le point d’orgue sur place est programmé le 24octobre : sous la baguette d’Inoxtag, 30 duos de célébrités s’y affronteront sur Fortnite, avec à la clé un cash prize de 100 000 €. 

© PGW / Christophe Lemaître

Vendre davantage que des mètres carrés

Côté exposants, les organisateurs étoffent leur offre au-delà de la location de surfaces : prises de parole sur scène, espaces de visibilité à l’extérieur du salon, activations sur mesure… « Nous essayons de faire davantage que leur vendre des mètres carrés », explique Thomas Held. Pour certains, cette capacité à concevoir un dispositif dépassant le stand traditionnel a constitué un argument décisif  pour venir sur la PGW: « Cela a pu déclencher leur venue parce qu’ils n’avaient pas forcément la bonne idée pour faire autre chose qu’un stand de quelques dizaines ou centaines de mètres carrés » confier Thomas Held. 

Cette volonté d’élargir le terrain d’expression des exposants se prolonge à l’échelle de la capitale. Avec son programme hors-les-murs, la Paris Games Week déploie des rendez-vous avant et pendant le salon : rencontres à la BnF, nocturne à la Philharmonie de Paris, animations dans les bibliothèques, projections au cinéma Pathé La Villette ou tournois dans des bars parisiens. Le 20 octobre, un DJ set de Teki Latex à la station de métro Glacière a également déplacé l’événement sur un terrain inhabituel. Pour cette première, certains éditeurs ont mis à disposition des droits que l’organisation a exploités dans les lieux partenaires. L’objectif : toucher d’autres publics, notamment grâce à des propositions gratuites, et inscrire davantage le rendez-vous dans la vie parisienne. « Nous nous appelons “Paris Games Week” alors qu’aujourd’hui, l’événement se déroule sur quatre jours à la Porte de Versailles, rappelle Thomas Held. Il faut donc réussir à remplir cette promesse, en le faisant vivre le plus possible dans la ville et le plus longtemps possible. » Cette ambition répond aussi aux contraintes du parc des expositions : les travaux limitent cette édition à un seul hall et le Dôme de Paris sera indisponible l’an prochain, occupé par le spectacle consacré à Dalida. Le hors-les-murs ouvre ainsi une voie de développement pour prolonger la manifestation et élargir son audience au-delà des capacités d’accueil de la Porte de Versailles.