
Comme chaque année, la Convention annuelle de l’association des Utilisateurs de SAP Francophones (USF) est l’occasion d’une conférence de presse commune avec l’éditeur SAP. Comme expliqué hier et ce matin, l’édition 2026, la vingt-sixième, se déroule au Palais des Congrès de Strasbourg les 14 et 15 octobre 2026 sur le thème « La souveraineté européenne : un défi pour garantir la confiance dans nos applications ». Cette convention a réuni 1867 visiteurs uniques, 3317 visiteurs en cumulé, ce qui représente la deuxième fréquentation derrière la dernière convention à Lyon pour les 35 ans de l’association. 72 ateliers de retour d’expérience y ont été organisés. La problématique de l’IT de confiance ou souveraine a été confirmée comme essentielle, surtout vues les évolutions géopolitiques, même si délais et coûts demeurent des critères sur les choix stratégiques.
Comme l’enquête de satisfaction l’a révélé, la plupart des utilisateurs sont globalement très satisfaits des produits SAP même si l’agilité et l’intégration de l’innovation (comme l’IA) demeurent des questions, d’autant que le coût des innovations reste une inquiétude face aux bénéfices. L’outillage pour mesurer sa consommation de ressources SAP dans le cloud est méconnu des utilisateurs. Les retards de bascule vers S/4 constituent une inquiétude pour l’USF car la date de fin de maintenance de SAP ECC approche et les ressources disponibles pour mener les projets restent rares. Le Soverain Cloud est perçu de façon très positive et correspond à une vraie attente : l’USF est très satisfait d’avoir contribué au développement de l’offre par SAP. L’IA est aussi une source d’inquiétude par l’impact sur l’écosystème des intégrateurs.
Harmonie entre SAP et ses clients
Olivier Nollent a exprimé son contentement des résultats de l’enquête de satisfaction. Par rapport au début de sa prise de fonction où les relations entre SAP et ses clients n’étaient pas aussi bonnes, aujourd’hui, les visions semblent alignées. La stratégie de SAP est comprise et acceptée par ses clients. La souveraineté a été intégrée à cette stratégie. SAP demeure un champion européen tout en étant une entreprise mondiale, ce double aspect étant nécessaire à sa crédibilité sur le marché. Mais la pluralité des législations selon les pays constitue une difficulté : une seule pour l’ensemble de l’Europe serait une grande facilité. Les engagements pris par SAP auprès de la Commission Européenne l’été dernier n’entraînent aucun nouveau contrat entre SAP et ses clients mais des clarifications et des capacités facilitant la maintenance des produits obsolètes. En novembre, l’USF et le Cigref organisent une réunion avec SAP pour clarifier la situation mais les premières propositions de SAP satisfont l’USF.
SAP a lancé un programme d’investissement dans les datacenters européens pouvant atteindre 300 millions d’euros et visant une certification SecNumCloud. Dès 2027, les solutions devraient être conformes aux attentes SecNumCloud, la certification prenant quelques années. Pour Olivier Nollent, l’offre propre à SAP restera complémentaire de celle offerte avec des partenaires, y compris S3NS et Bleu. Pour un même client, y compris ceux aux données sensibles, plusieurs hébergements, plus ou moins souverains et sécurisés, peuvent être pertinents.
Le coût de l’IA demeure une difficulté
Concernant l’IA, Olivier Nollent a voulu revenir sur le concept de « SaaSpocalypse », la disparition des éditeurs de progiciels, notamment SaaS, devant les capacités des IA pour générer des logiciels à la demande, ce qui a provoqué des chutes des cours de bourse des éditeurs. La réponse de SAP est dans la poursuite de l’innovation dans des produits certifiés et fiables ainsi que l’intégration des agents dans son offre. Le décalage entre la promesse et la réalité existait encore en début d’année mais a été comblé, y compris par des acquisitions.
L’utilisation de Joule, l’IA de SAP, consomme moins de tokens que des produits concurrents pour les mêmes résultats. Mais Gianmaria Perancin a souligné la difficulté d’une part à prévoir une consommation de tokens, d’autre part à « refaire comme avant » si on en consomme trop. La perte de compétences est une source d’inquiétude, d’autant que les compétences vont devoir s’adapter à l’IA. Le modèle économique des tokens demeure aussi un sujet de débat, même entre membres de l’USF. « Nous cherchons tous le bon modèle qui permette notamment à nos clients de prévoir leur budget » a admis Olivier Nollent. Même SAP a dû placer, en interne, des limites aux consommations de tokens...
Rendez-vous les 6 et 7 octobre 2027 à Lille !






