Comment s’organisent aujourd’hui les relations fournisseurs au sein de TF1 ?
Nous avons un panel relativement restreint, avec environ 200 à 300 fournisseurs qui représentent l’essentiel de nos dépenses. Cela nous permet d’avoir une relation assez directe avec eux et de travailler de manière rapprochée. C’est aussi lié à notre taille, qui nous permet d’adresser un nombre de fournisseurs relativement large sans mettre en place une segmentation trop lourde. Contrairement à des organisations plus complexes, nous pouvons rester assez proches de notre écosystème. Cette proximité facilite les échanges et nous permet d’avoir une bonne visibilité sur nos partenaires, ce qui est un élément important dans le pilotage au quotidien.
Êtes-vous aujourd’hui confrontés à des situations de dépendance vis-à-vis de certains fournisseurs ?
Oui, notamment sur les sujets technologiques. Plus nous nous digitalisons, plus nous sommes dépendants de certains éditeurs. C’est une réalité liée à la nature même de ces achats, qui rend la mise en concurrence plus complexe. Dans certains cas, nous sommes liés à certains fournisseurs, ce qui limite les marges de manœuvre. Cela nous oblige à adapter notre manière de travailler, avec une approche qui est parfois moins orientée mise en concurrence et davantage tournée vers la gestion de la relation dans la durée.
" Les principaux risques concernent notamment la dépendance, mais aussi certaines situations liées à des PME ou des startups avec lesquelles nous travaillons "
Quels sont les principaux risques fournisseurs auxquels vous êtes confrontés aujourd’hui ?
Les principaux risques concernent notamment la dépendance, mais aussi certaines situations liées à des PME ou des startups avec lesquelles nous travaillons. Ce sont des sujets sensibles, notamment en matière de dépendance économique ou de solidité financière, même si nous ne sommes pas sur des cas extrêmes. Cela reste néanmoins des situations que nous suivons avec attention. C’est toute la difficulté d’un modèle où l’on souhaite aussi travailler avec des acteurs innovants, tout en restant vigilant sur les équilibres économiques.
Comment sécurisez-vous la continuité de vos activités avec vos partenaires ?
Nous travaillons en coordination avec Bouygues sur certains achats, notamment IT ou travel. Cela nous permet de nous appuyer sur un cadre plus structuré, notamment sur les aspects contractuels. Cette coordination constitue un levier important de sécurisation, en particulier sur des sujets transverses. Elle permet également de bénéficier d’une approche plus globale sur certains fournisseurs. C’est un élément clé pour sécuriser nos activités, notamment dans un environnement où certains sujets peuvent être sensibles.
Quels indicateurs utilisez-vous pour suivre la fiabilité de vos fournisseurs ?
Nous utilisons des outils comme CreditSafe ou Dow Jones pour suivre nos fournisseurs, notamment sur les aspects financiers. Nous nous appuyons également sur SAP et Power BI pour structurer la donnée et objectiver certains risques fournisseurs.
Ces outils nous permettent d’avoir une première lecture de la solidité de nos partenaires et d’identifier certains signaux de risque. Ce suivi est réalisé de manière régulière, avec une analyse des principaux indicateurs. Nous complétons cette approche par une veille plus globale, notamment en nous renseignant sur les entreprises avec lesquelles nous travaillons et en portant une attention particulière aux situations de dépendance économique. L’ensemble nous permet d’avoir une vision assez complète de notre écosystème fournisseurs et d’adapter nos décisions en fonction des risques identifiés.