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Edito
le 4 septembre 2026
par Tanguy Leclerc

Le courage à l’épreuve des réalités

Tanguy Leclerc

« Bon courage » est une expression que l’on prononce souvent à la volée à celui ou celle qui fait face à un effort ou nous fait part de ses difficultés. Une phrase lancée presque par réflexe, dont le ton traduit souvent le degré de sincérité.

Cet été, elle a résonné un peu partout en France, sous une chaleur devenue franchement hostile. Chez ceux qui ont vu partir en fumée une maison, une forêt, parfois une vie entière. Chez les agriculteurs qui ont regardé leurs terres brûler. Chez les organisateurs de festivals contraints d’annuler, de raccourcir ou de réinventer leurs événements face à une canicule qui ne laisse désormais plus beaucoup de place au hasard. 

Si la résilience est une vertu à la mode, il  va falloir faire le plein. Car à peine le thermomètre redescendu, l’Organisation météorologique mondiale nous met déjà en garde contre un phénomène El Niño d’une intensité exceptionnelle. « El Niño Godzilla », comme certains l’ont baptisé, pourrait provoquer de nouvelles catastrophes climatiques dans les prochains mois. 

Du courage, il en faudra donc sans doute beaucoup. Celui d’anticiper plutôt que de subir, de prendre des décisions difficiles et de continuer à avancer dans un environnement où l’exceptionnel devient peu à peu la norme.

Le courage, justement, était le thème choisi par le Medef pour sa REF, organisée la semaine dernière à Roland-Garros. Celui des entrepreneurs qui continuent d’investir, d’embaucher et d’avancer dans un environnement dont personne ne peut sérieusement vanter la stabilité. Le mot était bien choisi. À condition de ne pas le laisser au vestiaire une fois les tribunes démontées.

D’autant qu’une autre zone de turbulences se profile à l’horizon. Dans quelques semaines, la campagne présidentielle battra son plein et, à en juger par les premières secousses, elle ne devrait pas manquer d’agitation. Les candidats à l’Élysée seraient bien inspirés de faire, eux aussi, du courage une vertu cardinale. Car lutter contre le réchauffement climatique ne suffira plus. Il faut désormais préparer le pays à ses conséquences, adapter nos villes et nos modes de vie. Et cela suppose autre chose qu’un catalogue de promesses calibrées pour séduire les électeurs avant de disparaître aussi vite que le soleil un jour d’éclipse.

Les Français ont montré cet été qu’ils savaient encaisser, reconstruire, s’adapter. Les entreprises et notre filière événementielle le font elles aussi, crise après crise. Aux politiques désormais, de montrer de quel courage ils sont capables.