Les trois idées fortes à retenir
• Prioriser les fournisseurs les plus émissifs pour fiabiliser la mesure
• Engager, accompagner puis contractualiser si nécessaire
• Intégrer le carbone dans les choix économiques via les coûts évités et la valeur créée.
Fiabiliser la collecte et le pilotage du Scope 3
« Aujourd’hui, nos données restent très dépendantes d’approches basées sur les dépenses. Tant que nous n’avons pas plus de données réelles issues des fournisseurs, la trajectoire reste fragile. »
« On demande désormais aux fournisseurs de publier leurs émissions pour gagner en fiabilité : ce n’est peut‑être pas parfait, mais c’est mieux que de recalculer nous-mêmes. »
« Identifier les 20 % de fournisseurs qui pèsent 80 % du Scope 3 a été un point de bascule : on n’avance que si l’on concentre les efforts là où l’impact est mesurable. »
Engager les fournisseurs sans fragiliser la relation commerciale
« Mobiliser les fournisseurs commence par un signal fort du top management : quand le CEO porte le sujet, l’écosystème suit. »
« Le plus efficace a été de nous déplacer chez les fournisseurs : un audit énergie sur site fait émerger des solutions concrètes et crée une vraie dynamique. »
« On reste d’abord dans l’incitation, mais il y a une gradation : si un fournisseur refuse durablement d’agir, on finit par le sortir d’un appel d’offres. »
Intégrer le carbone dans les arbitrages économiques
« Parler carbone ne suffit pas : il faut traduire chaque scénario en coûts évités, en risques, en ROI. C’est là que les dirigeants basculent. »
« L’analyse de la valeur est clé : on confronte fonctions, coûts et impact carbone, et on découvre des leviers insoupçonnés. »
« Les quick wins restent essentiels : efficacité énergétique, packaging optimisé, renouvelables… Ce sont souvent les actions qui réduisent aussi les coûts. »
Suivre les bons indicateurs pour garantir une trajectoire crédible
« On ne cherche pas la perfection : l’important est d’avoir une trajectoire, des objectifs publics et un suivi régulier. »
« La progression après chaque atelier décarbonation était mesurée simplement : les fournisseurs relevaient leurs propres objectifs de 15 à 20 points. »
« Former les acheteurs change tout : une fois équipés, ils savent dialoguer avec les fournisseurs et détecter les vraies opportunités de réduction. »
Conclusion : au‑delà des méthodologies, les dirigeants réunis partagent la même conviction : la décarbonation du Scope 3 repose autant sur la qualité des données que sur l’animation des fournisseurs et la capacité des achats à intégrer le carbone dans leurs décisions. Une transformation de fond, progressive mais irréversible.