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le 15 juin 2026
par Bertrand Lemaire

Anne Le Hénanff (Gouvernement) : « réserver l’accès aux derniers modèles d’IA aux seuls Américains envoie un message clair »

Le coup de tonnerre du dernier décret de Donald Trump interdisant aux non-Américains l’usage des modèles d’IA les plus avancés fait réagir.
Anne Le Hénanff est Ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique.
D'après © Union Européenne
Anne Le Hénanff est Ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique.

Les dernières versions de Mythos et Fable, les modèles d’IA les plus avancés d’Anthropic, ont été bloqués par le gouvernement des Etats-Unis pour tous ses non-ressortissants. L’Europe n’est pas spécifiquement visée. « Le fameux kill switch ! » a commenté le député Modem de Vendée Philippe Latombe. Il a qualifié ce kill switch : « celui qui était considéré depuis plusieurs mois comme théorique par certains : ‘ok il y a eu la CPI mais jamais les américains ne couperont un service largement à tous les européens....jamais !’ ».

« Les grandes puissances considèrent désormais les technologies stratégiques comme des instruments de puissance » a constaté Anne Le Hénanff, Ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique. Elle en a déduit : « cette réalité conforte l’Europe dans le choix qu’elle a fait : construire son autonomie technologique. »

Pour la ministre, « après les restrictions à l’exportation de puces, la décision des États-Unis de réserver l’accès aux derniers modèles d’IA d’Anthropic aux seuls utilisateurs américains envoie un message clair. » Et ce message est : nul ne peut compter sur une technologie ou une entreprise américaine. A tout moment, la technologie peut être interdite, le service coupé. Espérons que les DSI ont (enfin) bien reçu le message. « Plus que jamais, la souveraineté numérique européenne est une nécessité » a conclu la ministre.