Les dernières versions de Mythos et Fable, les modèles d’IA les plus avancés d’Anthropic, ont été bloqués par le gouvernement des Etats-Unis pour tous ses non-ressortissants. L’Europe n’est pas spécifiquement visée. « Le fameux kill switch ! » a commenté le député Modem de Vendée Philippe Latombe. Il a qualifié ce kill switch : « celui qui était considéré depuis plusieurs mois comme théorique par certains : ‘ok il y a eu la CPI mais jamais les américains ne couperont un service largement à tous les européens....jamais !’ ».
« Les grandes puissances considèrent désormais les technologies stratégiques comme des instruments de puissance » a constaté Anne Le Hénanff, Ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique. Elle en a déduit : « cette réalité conforte l’Europe dans le choix qu’elle a fait : construire son autonomie technologique. »
Pour la ministre, « après les restrictions à l’exportation de puces, la décision des États-Unis de réserver l’accès aux derniers modèles d’IA d’Anthropic aux seuls utilisateurs américains envoie un message clair. » Et ce message est : nul ne peut compter sur une technologie ou une entreprise américaine. A tout moment, la technologie peut être interdite, le service coupé. Espérons que les DSI ont (enfin) bien reçu le message. « Plus que jamais, la souveraineté numérique européenne est une nécessité » a conclu la ministre.