
Les risques s’accumulent sur les marchés des matières premières, mais le prix continue de dicter les décisions d’achat. Dans son étude 2026, Inverto révèle que 77 % des entreprises françaises interrogées anticipent une hausse des prix au cours des douze prochains mois, dont 22 % une forte augmentation. Les tensions géopolitiques pèsent également sur les approvisionnements : 91 % des répondants déclarent en ressentir les effets.
Pourtant, 66 % des entreprises privilégient encore le prix à la résilience dans leurs décisions d’achat. Seules 8 % donnent la priorité à la sécurisation des approvisionnements. Un paradoxe alors que 55 % des répondants constatent déjà des répercussions modérées ou fortes des crises géopolitiques sur la logistique et la disponibilité des matières premières.
Ce décalage entre la prise de conscience des risques et les décisions d’achat illustre les difficultés des entreprises à adapter leurs stratégies à un environnement devenu durablement incertain. Comme le souligne Jean-Pierre Masson, Managing Director d’Inverto France, « la volatilité n’est plus un accident de marché, mais une donnée structurelle avec laquelle les directions achats doivent désormais composer ».
Les stratégies de sourcing évoluent face aux risques
Cette priorité accordée au prix n’empêche pas les entreprises d’adapter leurs approvisionnements. Seules 2 % des organisations françaises interrogées déclarent n’avoir modifié aucune pratique de sourcing au cours des douze derniers mois.
La coopération en matière de sourcing est citée par 48 % des répondants, devant le recours à plusieurs fournisseurs (46 %) et le rapprochement géographique des approvisionnements, ou nearshoring (41 %). Autre facteur de pression : 52 % des entreprises françaises anticipent un fort impact de la volatilité énergétique sur leurs décisions de sourcing.
Les outils numériques prennent également une place croissante dans la gestion des matières premières. En France, 36 % des entreprises interrogées utilisent des solutions d’analyse avancée ou d’intelligence artificielle pour tout ou partie de leurs achats, contre 24 % en Italie et 23 % en Espagne. Leur déploiement reste toutefois freiné par la protection des données (36 % des répondants) et leur qualité (35 %).
Pour Jean-Pierre Masson, « le défi n’est plus de choisir entre compétitivité et résilience, mais de construire des stratégies capables de concilier les deux ». Un arbitrage qui s’impose aux directions achats alors que la maîtrise des prix demeure leur priorité.






