
Ce qui devait être une solution de repli aura finalement offert à l’Esports World Cup (EWC) une vitrine internationale de premier plan. Pour sa troisième édition, et la première organisée hors d’Arabie saoudite, la compétition mondiale d’Esport s’est achevée ce dimanche 23 août à l’Accor Arena, après près de deux mois de présence dans la capitale.
Un scénario qui n’avait pourtant rien d’évident. Initialement prévue à Riyad, l’EWC a dû être relocalisée à Paris en raison des tensions au Moyen-Orient. Un changement de destination qui impliquait de déplacer en quelques semaines une compétition qui réunissait 2 000 joueurs représentant 200 clubs et plus de 100 pays, et reposait sur une organisation logistique et technique particulièrement lourde. En terme de production, l’enjeu était donc énorme.
Loin de réduire la voilure, les organisateurs ont pourtant choisi d’investir largement la capitale. La cérémonie d’ouverture s’est tenue à La Seine Musicale en présence, entre autres, d’Aya Nakamura et de DJ Snake, les compétitions ont pris place au Parc des expositions de la porte de Versailles, avant une clôture à l’Accor Arena le 23 août. Entre-temps, l’EWC s’est également offert une visibilité massive dans les rues et le métro parisien, jusqu’à investir les Champs-Élysées le temps d’une journée ouverte au grand public le 2 août.
175 000 billets vendus
Un déploiement spectaculaire, soutenu par les moyens importants engagés par l’Esports World Cup Foundation. Le budget initial de l’événement aurait avoisiné les 215 millions d’euros et aurait finalement été dépassé.
Mais en matière de fréquentation, le pari semble avoir payé. Les organisateurs annoncent 175 000 billets vendus pour assister aux différents tournois, contre 90 000 lors de l’édition précédente. Une progression qui permet à cette première édition internationale de devenir la plus fréquentée depuis la création de l’EWC en 2024.
L’impact dépasse par ailleurs les enceintes de compétition. Selon l’Office de tourisme de Paris, le taux d’occupation des hôtels du sud de la capitale a progressé de 3,2 % en juillet par rapport à l'année précédente. L'Élysée avait de son côté estimé, lors du sommet Choose France, les retombées économiques indirectes potentielles à environ 600 millions d’euros.

Une mobilisation des marques limitée
Ce succès populaire n’a toutefois pas entraîné autour de l’EWC un foisonnement significatif d’activations de marques. La relocalisation tardive de la compétition a laissé peu de temps aux partenaires pour imaginer des dispositifs spécifiquement conçus pour la capitale. L’essentiel des activations s’est donc concentré au Parc des expositions, au sein du Fan Fest. Lenovo y a notamment présenté ses équipements Legion pendant les sept semaines de compétition, tandis que Sony a déployé des expériences autour de PlayStation et de ses univers anime et manga. Les clubs français ont également animé leurs espaces : Team Vitality, Karmine Corp et Gentle Mates disposaient chacun d’une « Club House » proposant notamment animations communautaires, rencontres et watch parties. Snapchat a de son côté intégré ses expériences de réalité augmentée aux écrans des enceintes parisiennes au début du mois d’août.
Étendre l’influence de l’Esport hors de son territoire
Pour élargir la portée de l’événement, l’EWC a également multiplié les passerelles avec le sport et la culture populaire. Cristiano Ronaldo a notamment incarné sa campagne publicitaire, tandis que Karim Benzema s’est déplacé porte de Versailles pour participer à un match d’exhibition. Une stratégie qui traduit l’ambition de l’EWC : ne plus s’adresser uniquement aux communautés historiques de gamers, mais installer la compétition parmi les grands rendez-vous internationaux de divertissement.
La stratégie semble également porter ses fruits sur le terrain numérique : 850 millions de spectateurs ont visionné ou interagi avec ses contenus sur les différentes plateformes (soit 440 millions d’heures de visionnage) en augmentation de 13% par rapport à l’année denrière.
Présent aux cités du président de la République Emmanuel Macron à la soirée de clôture du 23 août, son Altesse Royale le Prince Faisal bin Bandar bin Sultan Al Saud, membre du conseil d'administration de l'Esports Foundation, s'est félicité du succès de l'épreuve : " Nous sommes fiers de ce que l'Esports World Cup a accompli à Paris et de la poursuite de son développement à l'international. Porter l'EWC auprès d'un public mondial au-delà de l'Arabie saoudite marque une étape majeure dans son parcours et témoigne de la reconnaissance croissante de l'esport en tant qu'industrie globale, capable de tisser des liens entre les communautés, les cultures et les publics du monde entier."
Reste désormais à savoir si cette parenthèse parisienne restera une exception. L’EWC devrait retrouver Riyad en 2027, mais ses dirigeants affichent déjà leur volonté de renouveler l’expérience internationale. Conçue dans l’urgence, l’édition parisienne pourrait ainsi avoir ouvert une nouvelle étape dans le développement de l’événement : celle d’une compétition capable de s’exporter et d’investir une métropole entière bien au-delà de ses seules arenas.