L’IA, tout le monde en parle. Mais quels en sont les usages réels dans les entreprises ? L’étude annuelle « State of AI in the Enterprise » de Box a été créée pour répondre à cette question. L’édition 2026 vient d’être publiée. Les répondants s’auto-évaluent en indiquant un niveau d’expertise en forte progression par rapport aux années passées. Ainsi, entre 2026 et 2026, la part des répondants se décrivant comme « avancées » ou « à la pointe » est passée de 8 % à 64 %, tandis que, symétriquement, celle des organisations se classant en « phase initiale » (ou n’ayant pas encore commencé) s’est effondrée, passant de 53 % à 9 %.
Les usages, notamment des agents, ont fortement progressé. Ainsi, 83 % des organisations interrogées utilisent des agents IA et 19 % le font de manière autonome et à grande échelle. En France, les recours à l’IA restent centrés sur l’assistance aux collaborateurs (39 %) et l’automatisation des tâches (38 %). Mais elles ne cherchent plus uniquement à faire le même travail plus vite ou à moindre coût : elles utilisent l’IA pour réaliser des tâches qui étaient auparavant impossibles ou trop coûteuses à mettre en oeuvre. Au delà de la productivité via l’automatisation, les répondants cherchent à augmenter fortement leur capacité d’exécution voire de développer de nouveaux processus métiers qui n’étaient pas possibles ou rentables auparavant.
La data, toujours la data
Comme chacun sait, l’IA présuppose de disposer de données de qualité sur lesquelles les algorithmes vont s’entraîner puis s’appliquer. Ce truisme est également une évidence, désormais, pour les agents IA. Ainsi, 94% des décideurs français, 95 % des Japonais et des Britanniques ainsi que 97 % des Etats-Uniens considèrent qu’il est important ou très important que les agents aient accès aux contenus et connaissances de l’entreprise. Mais l’intention ne suffit pas : seules 34 % des entreprises françaises ont réussi à connecter leurs agents IA à des contenus internes fiables sur un large éventail de cas d’usage, ce qui est moins qu’aux États-Unis (39 %) et au Japon (38 %), mais légèrement plus qu’au Royaume-Uni (32%). Cependant, 25 % des organisations françaises limitent encore l’accès aux contenus d’entreprise à quelques cas d’usage prioritaires et 22 % s’appuient principalement sur des modèles généralistes avec peu de contexte métier spécifique.
Au-delà du seul usage, la rentabilité des déploiements d’IA est soulignée par les répondants. 80 % font ainsi état d’un retour sur investissement notable (une amélioration d’au moins 10 %) grâce à leurs travaux en IA menés à ce jour. Le pilotage demeure un point faible : 93 % des répondants considèrent qu’une meilleure gouvernance permettrait d’accélérer l’adoption de l’IA. Côté emploi et craintes du « Grand Remplacement », l’optimisme semble bien de rigueur. Près de 62 % des entreprises françaises anticipent une hausse de leurs effectifs au cours des trois prochaines années, soit davantage qu’aux États-Unis (58 %), au Japon (48 %) et légèrement moins qu’au Royaume-Uni (65 %). À l’inverse, 8 % des organisations françaises prévoient une baisse légère de leurs effectifs et 2 % une baisse significative, contre 10 % et 2 % aux États-Unis, 18 % et 2 % au Japon et 12 % et 2 % au Royaume-Uni.