L’intelligence artificielle (et notamment l’IA générative) continue de se répandre. Mais, pour des professions réglementées, les risques peuvent être importants. Les données sensibles ne doivent ainsi, par exemple, pas se retrouver dans des outils non-contrôlés et la propriété intellectuelle doit être respectée. Fin juillet 2026, en quelques jours, le Conseil National de l’Ordre des Architectes et le Barreau de Paris, pour les avocats, ont publié des règles déontologiques pour l’usage de l’intelligence artificielle par leurs adhérents.
Le Barreau de Paris précise cependant que sa charte d’usage est « dépourvue de caractère obligatoire ». Il s’agit plus d’un modèle destiné à être repris et amendé par des cabinets comportant de multiples avocats et collaborateurs, devant donc s’entendre sur quelques principes. Quatre principes sont rappelés : « le secret professionnel demeure une limite absolue dans l’utilisation de l'intelligence artificielle », « aucune donnée confidentielle ne peut être transmise sans garanties suffisantes », « le contrôle humain doit être exercé à chaque étape » et « le recours à l’intelligence artificielle ne décharge pas l’avocat de sa responsabilité sur les travaux qu’il produit ». Les hallucinations inventant des jurisprudences et l’entraînement des IA en ligne avec des références réelles ont visiblement laissé quelques traces ayant inspiré cette charte.
Côté architectes, le Conseil National de l’Ordre des Architectes a publié un « rapport qui relie le code de déontologie à l’aune de l’IA et formule des recommandations concrètes autour de la transparence, de la responsabilité, de la confidentialité, de la propriété intellectuelle et du devoir de conseil. » Pour prévenir toute dérive contraire à l’éthique, le rapport propose une « relecture du Code de déontologie de la profession » qui aboutit à « 10 commandements » pour « utiliser l’IA avec discernement, rigueur et éthique ». Là encore, la maîtrise du produit fini, le respect du contrat comme de la réglementation, l’absence d’hallucinations... sont au cœur des préoccupations de l’instance professionnelle.