Le marché français de l'immobilier d'entreprise est resté atone au premier semestre 2026, selon les dernières données d'Immostat analysées par Colliers France. Hors acquisition du portefeuille Proudreed, valorisée à 2,3 milliards d'euros, les volumes investis reculent de 29 % sur un an et de 44 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Les six opérations supérieures à 200 millions d'euros concentrent à elles seules 58 % des investissements du semestre, illustrant un marché largement soutenu par quelques transactions exceptionnelles.
Le marché des bureaux demeure sous pression avec 1,9 milliard d'euros investis, en baisse de 22 % sur un an. Sa part dans les investissements totaux tombe à 28 %, contre 47 % en moyenne entre 2021 et 2025. À l'inverse, le commerce résiste avec plus de 1,7 milliard d'euros investis (+1 %), tandis que la logistique poursuit son repli, à seulement 433 millions d'euros (-71 %). En Île-de-France, les investissements restent fortement concentrés à Paris, où le quartier central des affaires (QCA) représente à lui seul 1,6 milliard d'euros.
Le marché locatif des bureaux franciliens confirme également son ralentissement. La demande placée atteint 750 000 m² au premier semestre, soit une baisse de 5 % sur un an et de 18 % par rapport à la moyenne quinquennale. Ce recul s'explique notamment par la raréfaction des grandes transactions, au nombre de 15 contre 21 un an plus tôt. Dans ce contexte, La Défense se distingue avec une progression de 52 % de la demande placée, à 94 900 m², portée par trois grandes signatures. À l'inverse, le QCA parisien recule de 9 %, avec seulement deux grandes opérations enregistrées.
Parallèlement, l'offre disponible continue de progresser et dépasse désormais 6,5 millions de m² en Île-de-France (+10 % sur un an). Les loyers se stabilisent dans la plupart des secteurs, le loyer prime du QCA restant fixé à 1 250 €/m²/an. Selon Colliers, les entreprises privilégient désormais une approche plus pragmatique de leur immobilier, en recherchant des surfaces mieux adaptées à leurs besoins et davantage maîtrisées sur le plan des coûts.