Supply
Route et fer
le 9 juin 2026

Industrie et logistique : deux signaux d’alerte pour la compétitivité française et européenne

Alors que l’État publie un guide pour aider les PME et ETI industrielles à accélérer leur décarbonation, une étude de l’Union TLF souligne le ralentissement persistant des flux de marchandises en Europe. Deux publications qui illustrent les défis simultanés auxquels sont confrontés les acteurs industriels : transition énergétique, compétitivité et relance de l’activité économique.

À l’occasion du salon France Innovation Plasturgie (FIP), la Direction générale des Entreprises (DGE) a présenté un guide pratique destiné aux dirigeants de TPE, PME et ETI industrielles souhaitant engager ou accélérer leur décarbonation. Conçu avec des acteurs publics de l’accompagnement et des chefs d’entreprise, ce document propose une démarche en cinq étapes pour réduire les consommations énergétiques, améliorer la performance industrielle et identifier les dispositifs d’aide mobilisables. Le guide s’inscrit dans la continuité du plan gouvernemental d’électrification et vise à donner aux industriels des outils concrets pour renforcer leur compétitivité dans un contexte marqué par la volatilité des prix de l’énergie et les enjeux de souveraineté économique.

Dans le même temps, l’Union TLF publie son document statistique annuel consacré au transport de marchandises en Europe. L’étude met en évidence une décorrélation récente entre croissance économique et volumes de fret. En 2024, les transports intérieurs de marchandises dans l’Union européenne ont représenté un peu plus de 2 240 milliards de tonnes-kilomètres, mais les volumes demeurent en retrait après leur chute de 2023. Alors que le PIB européen a continué à progresser légèrement, les flux de marchandises n’ont pas retrouvé leur dynamique, une situation que l’Union TLF attribue notamment au recul de la production industrielle et à la baisse de la consommation matérielle des ménages. L’étude rappelle également que la route reste largement dominante, avec 78 % des transports terrestres de marchandises réalisés par camion, tandis que la part cumulée du rail et du fluvial a reculé de plus de quatre points en dix ans.