ArcelorMittal est un groupe sidérurgique mondial issu de la fusion, en 2006, de l’indien Mittal Steel Company et du français Arcelor, suite à l’OPA du premier sur le second. Le siège du groupe est aujourd’hui au Luxembourg. Le site de Fos-sur-Mer est nommé ArcelorMittal Méditerranée. Il s’agit d’une usine métallurgique disposant d’une cokerie, d’une installation d'agglomération, de deux hauts fourneaux, de deux installations de coulée continue, d’un laminoir à chaud, d’installations de finition… Elle produit aussi bien des tubes que des taules destinées à l’industrie automobile. L’ensemble des installations industrielles est piloté numériquement par de l’OT gérée localement, notamment pour optimiser la production, y compris sur le plan environnemental. Le stockage de données nécessaires à ce pilotage reposant sur des technologies peu pérennes et vieillissantes, ArcelorMittal a entrepris, à partir de 2021, de les remplacer par de nouvelles solutions.
Les sites d’ArcelorMittal reposent, côté IT, sur des applications gérées centralement. Par contre, comme l’explique Carlos Martin-Guzman IT Architect chez ArcelorMittal Méditerranée, « côté OT, chaque usine gère ses propres applications pour piloter ses installations industrielles avec leurs spécificités. » Il en résulte la présence sur chaque site d’une informatique industrielle avec le datacenter adéquat. Sur le site de Fos-sur-Mer, les serveurs NAS étaient complétés par des baies de stockage HPE équipées d’une solution de virtualisation propre à HPE (Hewlett Packard Enterprise ou HPE est issue de la scission du groupe Hewlett Packard en novembre 2015). « Cette solution vieillissante entraînait beaucoup de contraintes et ne proposait aucune évolution » soupire Carlos Martin-Guzman. Il ajoute : « c’était une solution de type appliance intégrée, issue d’un rachat par HP/HPE et progressivement abandonnée ».
Remplacer une solution peu pérenne et vieillissante
Il s’agissait donc, pour ArcelorMittal, de remplacer une solution peu pérenne, plus maintenue et vieillissante. Bien entendu, comme à chaque fois dans ce genre de cas, l’entreprise a réalisé un tour du marché et regardé plusieurs solutions. Côté matériel, ArcelorMittal est resté fidèle aux baies HPE mais souhaitait pouvoir, demain, changer de fournisseur et mixer des solutions différentes. Il fallait donc que l’outil de virtualisation du stockage permette ce mixage et ne soit pas spécifique à un type de matériel. C’était le premier critère. Par ailleurs, la solution qui serait choisie devait aussi être pérenne et robuste.
Après un tour du marché, un démonstrateur d’un seul nœud a été installé avec la solution SANsymphony de Datacore. Cette solution a été proposée par Axians qui a accompagné ArcelorMittal Méditerranée sur cette mise en place. Carlos Martin-Guzman indique : « nous avons bénéficié du soutien de Datacore mais qui s’est révélé en fait peu nécessaire car la solution a été simple à installer ». Le déploiement a ensuite été réalisé en autonomie par le sidérurgiste.
Un projet toujours en cours face à de lourdes contraintes
Lancé en 2021, le projet repose à date sur trente couples de baies (soit 60 baies) pour un volume de 300 To de stockage. En plus du stockage virtualisé, ArcelorMittal Méditerranée a mis en œuvre, progressivement à partir de 2024, un datalake en mode objet (fichiers S3). Là encore, une solution Datacore a été choisie après un démonstrateur : Swarm. Ce datalake permet de détecter, chez ArcelorMittal Méditerranée, les dysfonctionnements sur la chaîne de production industrielle et d’optimiser cette chaîne. Actuellement, 150 To de données y sont stockées. Carlos Martin-Guzman se réjouit : « lorsque nous les sollicitons sur des questions techniques pointues, les équipes de Datacore sont toujours très réactives, ce qui nous a facilité notre travail ».
La migration du stockage Legacy est cependant toujours en cours et devrait s’achever d’ici la fin 2026. « Nous avons beaucoup de contraintes en production industrielle et nous ne pouvons pas migrer (avec une éventuelle rupture de service) quand nous le voulons : les applications concernées sont très sensibles pour le pilotage de notre usine » justifie Carlos Martin-Guzman.