
Après une année 2025 quasiment stable, le marché français du jardin s’enfonce dans le rouge. Selon les données présentées lors des Rencontres du marché du jardin par Jardineries et Animaleries de France et la Fédération des magasins de bricolage (FMB), avec NielsenIQ, le secteur totalise 5,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires TTC à fin août 2026, en baisse de 1,4 % par rapport à la même période de 2025. En 2025, le marché avait atteint 7,6 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année, soit un repli limité à 0,3 %. Les jardineries et libres-services agricoles (LISA) avaient alors réalisé 3,39 milliards d’euros de chiffre d’affaires (-2,3 %), contre 2,78 milliards pour les grandes surfaces de bricolage (GSB, -0,9 %) et 1,39 milliard pour les grandes surfaces alimentaires (GSA, +2,2 %).
Sur les huit premiers mois de 2026, les trajectoires divergent davantage. Les jardineries et LISA, premier circuit de distribution du marché, réalisent 2,64 milliards d’euros de ventes, en recul de 4,9 %. Les GSB enregistrent au contraire une croissance de 2,6 %, à 2,32 milliards d’euros. La GSA totalise 983 millions d’euros, en baisse de 1,7 %. Le marché avait pourtant démarré l’année sur une dynamique positive. Au premier trimestre, les ventes progressaient de 4,6 %, portées par les GSB (+7,3 %), devant la GSA (+3,2 %) et les jardineries/LISA (+2,6 %). Le retournement intervient au deuxième trimestre, avec un recul global de 1,8 %. Les jardineries accusent alors une chute de 7,2 %, tandis que la GSA recule de 2,3 %. Les GSB restent le seul circuit en croissance, à +1,9 %.
Végétal : 1,5 milliard d’euros de ventes et un recul généralisé
Le végétal représente 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires à fin août 2026, soit une contraction de 3,2 %. Les jardineries et LISA concentrent l’essentiel des ventes, avec 1,14 milliard d’euros (-3,9 %), loin devant les GSA, à 301 millions d’euros (-0,5 %), et les GSB, à 67 millions d’euros (-3,8 %). Le recul touche presque toutes les familles de produits. Le végétal extérieur hors potager baisse de 3 % tous circuits confondus, avec des diminutions de 2,7 % dans les jardineries, de 3,1 % dans les GSB et de 5 % dans les GSA.
Le potager constitue l’un des segments les plus affectés, avec une contraction de 5,5 % des ventes. Le recul atteint 5,2 % dans les jardineries, 6 % dans les GSB et 8,3 % dans les GSA. Les plantes d’intérieur suivent la même tendance : -4,8 % au global, dont -5,9 % dans les jardineries, -2,8 % dans les GSB et -2,3 % dans les GSA. Seule la fleuristerie affiche une dynamique positive, avec une progression globale de 4,1 %. Les ventes augmentent de 6,6 % dans les GSA et de 0,8 % dans les GSB, alors qu’elles reculent de 4,1 % dans les jardineries.
Entretien du jardin : 2 milliards d’euros, les outils motorisés à la peine
Deuxième grande famille du marché, l’entretien du jardin représente 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires à fin août 2026, en baisse de 3,1 %. Les jardineries et LISA enregistrent 813 millions d’euros de ventes, en recul de 5,9 %. Les GSB, premier circuit sur ce segment avec 862 millions d’euros, limitent leur baisse à 0,2 %. Les GSA totalisent 374 millions d’euros, en diminution de 3,1 %.
Les produits pour le jardin, qui comprennent notamment les terreaux, amendements et paillages, reculent de 3,5 % tous circuits confondus. Les jardineries accusent une baisse de 6,4 %, tandis que les GSB progressent légèrement de 0,5 % et que les GSA perdent 1 %. Le segment des équipements résiste davantage, avec une contraction globale limitée à 0,8 %. Les disparités sont néanmoins importantes : les jardineries reculent de 3,1 %, les GSB progressent de 6,3 % et les GSA chutent de 14,8 %. Les outils motorisés affichent, quant à eux, une baisse globale de 5,2 %. Le recul atteint 12,6 % dans les jardineries et 4,6 % dans les GSB. Les GSA affichent une hausse de 18,5 %, que les fédérations invitent toutefois à relativiser en raison d’effets d’assortiment et de la taille réduite de l’échantillon sur cette catégorie.
Aménagement extérieur : 2,2 milliards d’euros et des GSB à +4,9 %
L’aménagement et la décoration constituent le seul grand rayon du jardin à progresser sur les huit premiers mois de 2026. Avec 2,2 milliards d’euros de ventes, la catégorie affiche une croissance de 1,3 %. Cette progression repose sur les GSB, qui réalisent 1,384 milliard d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 4,9 %. À l’inverse, les jardineries et LISA enregistrent 531 millions d’euros de ventes (-5,8 %) et les GSA 298 millions d’euros (-1,3 %).
Les résultats sont contrastés selon les sous-catégories. L’aménagement extérieur progresse de 0,6 % tous circuits confondus, avec une hausse de 1,5 % dans les GSB, contre des reculs de 6,4 % dans les jardineries et de 0,5 % dans les GSA. Les loisirs au jardin constituent le principal moteur de croissance, à +3,8 % au global. Dans les GSB, les ventes bondissent de 10,6 %, tandis qu’elles reculent de 5,4 % dans les jardineries et de 1,1 % dans les GSA. La décoration extérieure progresse également de 5,6 %, avec une hausse particulièrement marquée de 23,4 % dans les GSA. Les GSB enregistrent une progression de 1,6 % et les jardineries de 1 %.
À l’inverse, les contenants, notamment les pots, reculent de 7,5 % sur l’ensemble du marché. Les ventes diminuent de 6,8 % dans les jardineries, de 6,3 % dans les GSB et de 21,3 % dans les GSA.
Loisirs au jardin : les articles de plein air gagnent 17,5 %
À l’intérieur de la famille des loisirs au jardin, le mobilier représente 56 % du chiffre d’affaires, devant les articles de plein air (25 %) et les équipements de cuisson (19 %). Les ventes du rayon atteignent 573 millions d’euros dans les GSB, 252 millions dans les GSA et 232 millions dans les jardineries et LISA. Le mobilier de jardin progresse de 2,1 % tous circuits confondus. Les GSB affichent une hausse de 7,6 %, alors que les jardineries reculent de 4 % et les GSA de 1,1 %.
La cuisson extérieure suit une trajectoire inverse, avec une baisse globale de 5,6 %. Le recul atteint 8,5 % dans les jardineries et 24,6 % dans les GSA. Les GSB parviennent à maintenir leurs ventes, en légère progression de 0,5 %. Les articles de plein air se distinguent avec une croissance globale de 17,5 %. Les GSB enregistrent une progression de 24,5 %, les GSA de 6,9 %, tandis que les jardineries reculent de 2,6 %.
Les GSB réalisent 60 % de leurs ventes jardin dans l’aménagement
La structure des ventes révèle les différences de positionnement entre circuits. Dans les jardineries et LISA, le végétal représente 46 % du chiffre d’affaires jardin, devant l’entretien (33 %) et l’aménagement-décoration (21 %). Dans les GSB, la répartition est presque inverse : l’aménagement et la décoration concentrent 60 % des ventes, l’entretien 37 % et le végétal seulement 3 %. En GSA, la structure est plus équilibrée, avec 38 % des ventes consacrées à l’entretien, 31 % au végétal et 31 % à l’aménagement et à la décoration.
Sur l’ensemble du panel, l’aménagement-décoration représente 38 % du chiffre d’affaires, l’entretien 36 % et le végétal 26 %. Les jardineries sont davantage dépendantes des achats de plantes, en recul sur la période, tandis que les GSB bénéficient du dynamisme des loisirs et des équipements extérieurs. Les fédérations avancent également l’hypothèse d’un effet de fréquentation : les épisodes de chaleur auraient favorisé les visites en GSB pour l’achat de climatiseurs et de petit électroménager, avec de possibles retombées sur les rayons jardin. Les données présentées ne permettent toutefois pas de quantifier cet effet.





