
L’association Green-IT a récemment diffusé une étude baptisée « Impacts environnementaux et sanitaires de l’intelligence artificielle dans le monde en 2025 et 2030 ». Cette étude vient pointer un problème connu : la consommation de ressources considérable liée aux usages de l’IA. Surtout, elle chiffre cet impact. « Notre étude révèle que le développement de l’IA est insoutenable » martèle Laure Alfonsi, coautrice de l’étude. Elle ajoute : « Nous devons faire des choix dans nos usages de cette technologie car, en cas de statu-quo, les conséquences pour l’environnement et pour les populations seront irréversibles ».
Selon l’étude de l’association, l’intelligence artificielle a des impacts sur quatre facteurs de la crise écologique actuelle : le réchauffement global (35 % des impacts) et ses conséquences sur le climat, les populations, et les écosystèmes ; l’eutrophisation (asphyxie) des milieux aquatiques (24 %) ; l’épuisement des ressources abiotiques minérales, métalliques et fossiles (19 %) ; et les émissions de particules fines (15 %). Ces dernières causent pourtant déjà 40 000 morts par an en France selon une autre étude de 2025, « La pollution de l’air : des progrès pour notre santé nécessaires et possibles », réalisée par Santé Publique France.
Appel à la frugalité et à la sobriété
En matière d’impact environnemental, le concept de « budget annuel soutenable » correspond à la quantité d’impacts environnementaux et sanitaires qu’un individu peut avoir pendant un an sans dépasser les limites planétaires, quantité calculé en divisant les limites planétaires globales par le nombre d’humains vivant sur Terre. En 2025, la seule IA représentait déjà 22 % du budget annuel soutenable pour toute l’Union Européenne. L’impact de l’IA atteint même 45 % de la contribution à l’épuisement des ressources abiotiques métalliques et minérales à cause de la fabrication des infrastructures nécessaires à l’IA (datacenters, serveurs...). L’association Green-IT anticipe une multiplication par sept de l’impact de l’IA sur les cinq prochaines années, ce qui amènerait la seule IA mondiale à consommer 156 % du budget annuel soutenable de toute l’Union Européenne.
Face à ce constat apocalyptique, l’association Green-IT appelle à prendre un certain nombre d’initiatives. Côté citoyens, elle demande de renoncer à l’IA dès que c’est possible. Lorsque le recours à l’IA s’impose, il s’agit de toujours choisir un modèle léger quand l’outil le propose (SLM au lieu d’un LLM). Enfin, il convient de limiter au maximum, au cours d’une requête par prompts successifs, le nombre de ces échanges. Concernant les pouvoirs publics, l’association demande une législation pour, côté offres, imposer une « sobriété IA ». Au-delà de la taxation des infrastructures d’IA utilisant des énergies fossiles, plus de 90% des impacts étant liés à la production de l’électricité nécessaire, la législation devrait rendre visible l’usage de l’IA dans un service par un label (sur le modèle du label signalant la présence d’OGM dans la nourriture). Plus consensuellement sans doute, il faudrait créer une filière française d’excellence en IA frugale et responsable, rendant même obligatoire l’écoconception des IA hébergées en France.
En savoir plus
- Télécharger l’étude « Impacts environnementaux et sanitaires de l’intelligence artificielle dans le monde en 2025 et 2030 » sur le site de l’association Green-IT.
- Le 19 novembre 2026, Républik IT organise un Club sur le thème « Faut-il toujours céder à la tentation IA ? RPA vs Agentique, ETL vs Agents API... » avec, en grands témoins, Arnaud de La Fournière, DSI de Courir, Samir Amellal, Directeur Général Adjoint de France Travail, et Pierre Matuchet, SVP IT & Digital Transformation d’Adecco Group.






