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le 26 octobre 2026
par Bertrand Lemaire

La Cour des Comptes fustige les 100 millions d’euros en bureautique de l’Etat

La Cour des Comptes vient de publier un rapport sur « Les outils bureautiques et collaboratifs au sein de l'Etat ».
La Cour des Comptes veille au bon emploi des deniers publics.
© Républik / B.L.
La Cour des Comptes veille au bon emploi des deniers publics.

Comme le reconnaît la Cour des Comptes, « les suites bureautiques (traitement de texte, tableur, supports de présentation) et les logiciels collaboratifs (messageries électroniques ou instantanées, visioconférences, partages de documents, etc.) sont devenus des outils incontournables dans le monde professionnel ». De ce fait, les magistrats de la rue Cambon se sont penchés sur « Les outils bureautiques et collaboratifs au sein de l'Etat », dans un périmètre assez large : « administrations centrales et services déconcentrés des ministères, représentant environ 860 000 postes de travail ». Le rapport sur ce sujet vient d’être publié.

La Cour a constaté que « la suite Microsoft Office s’avère être l’outil bureautique massivement présent au sein de l’État ». Si beaucoup de ministères utilisent une version on premise, certains violent allègrement la règle posée par la DINUM en ayant déployé Microsoft Office 365 (ministères sociaux, ministère de la culture, direction générale de l’aviation civile, direction de l’information légale et administrative). Cette exception a été définie comme « temporaire ». A l’inverse, d’autres (ministère de l’intérieur, ministère de l’éducation nationale…) ont choisi les logiciels open-sources recommandés dans les instructions interministérielles comme le référentiel général d’interopérabilité. La gendarmerie (ministère de l’Intérieur) et la DGFiP (ministère des Finances) ont fait le choix de refuser les logiciels propriétaires d’une manière générale. Le coût de la bureautique collaborative atteint ainsi un chiffre impressionnant : « l’État aurait dépensé 100 M€ dans les outils bureautiques et collaboratifs des administrations centrales et services déconcentrés des ministères » dont 61 millions pour les licences Microsoft.

Soutien au logiciel libre et à ses éditeurs

Face au risque associé à l’emploi de logiciels propriétaires américains et, pire, d’un cloud non-souverain là aussi américain, la DINUM a développé une offre de bureautique collaborative dite « La Suite ». Le « Coeur de Suite » visant à la collaboration, y compris la messagerie instantanée et la visioconférence, est en voie de généralisation. Certaines administrations envisageraient malgré tout de persister dans leur dépendance vis-à-vis de Microsoft en adoptant la version « souveraine » d’Office 365 hébergée chez Bleu. La Cour note que, pourtant, les logiciels open-source, qui ont montré leurs qualités, notamment ceux de La Suite, seraient un bien meilleur choix à tous points de vue.

La Cour recommande donc, logiquement, de mieux associer les DSI ministérielles aux travaux de la DINUM sur La Suite afin d’en développer l’adoption. Mais la bureautique devrait entrer dans le périmètre de la gouvernance interministérielle directement pilotée par la DINUM, ce qui retirerait la capacité des DSI ministérielles à prendre des initiatives malheureuses comme le déploiement d’Office 365 hébergé chez Bleu. Un point critiqué concernant La Suite était le développement très internalisé au sein de la DINUM, ce qui déclenchait la fureur des SSLL et éditeurs open-source. La Cour recommande de davantage s’appuyer sur cet écosystème, ce qui satisfera les entreprises privées concernées. Enfin, la Cour appelle à déployer uniquement des logiciels libres en mode Cloud avec une migration de l’existant en trois à quatre ans au plus.

En savoir plus

- Sur le site de la Cour des Comptes : rapport « Les outils bureautiques et collaboratifs au sein de l'Etat ».