
Pour sa deuxième édition à Roland-Garros, la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) n’est plus tout à fait en phase de découverte. Après avoir inauguré le site en 2025, le Medef profite cette année d’un terrain de jeu désormais maîtrisé pour pousser plus loin l’expérience proposée aux participants. Le changement d’échelle avait été spectaculaire : la première édition Porte d’Auteuil avait réuni plus de 13 000 participants, 125 partenaires et 700 journalistes. Pour 2026, l’enjeu consiste donc moins à créer la rupture qu’à capitaliser sur ce nouveau cadre pour installer un rendez-vous plus fluide, plus vivant et plus statutaire. Le Medef affiche d’ailleurs son ambition : rendre chaque édition « toujours plus utile, plus vivante et plus joyeuse ».
Roland-Garros, bien plus qu’un changement d’adresse
En quittant en 2025 l’hippodrome de Longchamp, où elle était organisée depuis sa création en 2019, sous l’impulsion de Publicis Live Paris, la REF a surtout changé de dimention. Roland-Garros offre un environnement immédiatement identifiable et une multitude d’espaces permettant de faire cohabiter prises de parole, rencontres et opérations partenaires. Le stade commercialise lui-même ses grands courts, salons et espaces réceptifs pour l’accueil d’événements professionnels.
Cette configuration permet à la REF d’échapper au schéma traditionnel du grand congrès concentré autour d’une scène principale et d’un espace d’exposition. Les participants circulent entre les différentes séquences, les espaces de networking et les villages partenaires. Le Village René-Lacoste accueille notamment les exposants et leurs propres programmations : CCI France y organise cette année interviews, rencontres et prises de parole sur son stand.
Le lieu fournit également à l’organisateur un imaginaire prêt à l’emploi. Courts, tribunes et références au tennis alimentent naturellement l’identité du rendez-vous. Après « Jeu décisif - L’heure des choix » en 2025, le Medef place cette édition sous le signe du « Courage » et invite les participants à « entrer sur le court ». Le contenant et le contenu se répondent, sans avoir besoin de fabriquer artificiellement un univers scénographique.
Faire respirer un rendez-vous très institutionnel
Le défi reste pourtant de taille. La REF concentre sur deux jours débats économiques, discours politiques, rencontres entre dirigeants, prises de parole de partenaires et séquences médias. La CCI annonce ainsi 17 débats et discours pour l’édition 2026, avec près de 20 000 participants attendus, 125 partenaires et 700 journalistes accrédités.
Dans ce contexte, l’intérêt de Roland-Garros tient aussi à sa capacité à faire respirer la programmation. Les contenus ne constituent plus l’unique expérience : les déplacements entre les espaces, les rencontres informelles et l’appropriation du stade participent eux aussi au rythme des deux journées. L’édition 2025 avait d’ailleurs compté 35 « side events », signe que la REF tend à devenir un écosystème de rendez-vous davantage qu’une simple succession de conférences.

Cette évolution accompagne enfin une autre transformation : la REF n’est plus seulement conçue pour ceux qui y assistent. Avec 700 journalistes annoncés et plusieurs médias présents directement au sein des espaces partenaires, le rendez-vous fonctionne également comme une plateforme de production et de diffusion de contenus.
À moins d’un an de la présidentielle de 2027, cette dimension prend une importance particulière. Le Medef a notamment profité de la REF organiser, sur le court Philippe Chatrier, le premier débat de l'élection présidentielle de 2027, en réunissant les sept principaux candidats déclarés. L'organisation patronale a également rendu public les résultats de sa consultation « Mobilisation des Entreprises de France - Cap sur 2027 », menée avec OpinionWay auprès de près de 69 000 dirigeants. Un chiffre qui lui permet de revendiquer la plus vaste enquête jamais réalisée auprès des chefs d’entreprise et, surtout, de placer leurs attentes dans le débat électoral.
Le message adressé aux futurs candidats est sans détour : baisse de la fiscalité et des charges (83 %), réindustrialisation (81 %), simplification administrative (75 %) et stabilité des règles figurent en tête des priorités. Mais l’étude traduit surtout une profonde défiance : 82 % des répondants se disent pessimistes quant aux effets de la politique économique du prochain président sur leur entreprise et 66 % estiment que, sans changement de cap, celle-ci pourrait se fragiliser ou connaître de sérieuses difficultés.
Des résultats qui donnent au Medef autant d’arguments pour tenter de peser sur l’agenda de 2027.