Le transport et la logistique traversent une nouvelle période de tensions. Selon le dernier Baromètre des transports de fret et de la logistique de l’Union TLF, les difficultés s’accumulent sur l’ensemble de la chaîne logistique française. Hausse des coûts de l’énergie, ralentissement économique et tensions géopolitiques pèsent sur le secteur. Réalisé à partir des données du SDES et de l’Insee, le baromètre montre une dégradation de plusieurs indicateurs, du transport routier au fret aérien, en passant par le maritime et l’entreposage.
Le transport routier de marchandises reste le plus fragilisé. En avril, le climat des affaires du secteur s’est fortement dégradé avec la hausse des prix du carburant. Les transporteurs décrivent une activité faible et des perspectives en recul.
La situation de trésorerie inquiète particulièrement. Selon l’Union TLF, elle atteint son niveau le plus bas depuis le lancement de l’enquête en 2006. Un niveau inférieur à ceux observés pendant la crise financière de 2009 ou lors du premier confinement de 2020.
Dans le même temps, les investissements ralentissent et les immatriculations de poids lourds neufs restent orientées à la baisse. Sur l’ensemble de l’année 2025, l’activité du TRM français a reculé de 0,5 %.
Les tensions gagnent du terrain
Les tensions géopolitiques perturbent aussi les flux internationaux. Le blocage du détroit d’Ormuz et les difficultés en mer Rouge désorganisent les échanges entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie. Les délais s’allongent et les coûts du transport augmentent.
Le fret aérien est également touché. La crise au Moyen-Orient perturbe fortement les grands hubs de correspondance de la région. Les prix mondiaux du fret aérien ont bondi d’environ 30 % sous l’effet des tensions dans le Golfe persique. En France, le trafic aérien de marchandises reste inférieur de 10 % à son niveau d’avant-Covid.
Même la logistique et l’entreposage peinent à retrouver une vraie dynamique. L’activité du secteur n’a progressé que de 1,4 % en 2025. La demande d’immobilier logistique se redresse progressivement mais reste loin des records atteints en 2022.
Quelques indicateurs restent toutefois mieux orientés. Le fret ferroviaire poursuit son redressement et les ports français retrouvent un certain dynamisme sur les flux conteneurisés. Mais pour l’Union TLF, l’ensemble de la chaîne logistique reste sous pression. Une situation qui pourrait encore se tendre dans les prochains mois si les tensions énergétiques et géopolitiques persistent.