Le cadre méthodologique SAFe permet le passage à l’échelle des méthodes agiles. Sa diffusion s’accroît régulièrement depuis des années. Animateur du Club SAFe francophone depuis 2017, Michel Levaslot réalise une étude régulière sur la diffusion de ce cadre méthodologique en France. Cette régularité lui permet de constater des tendances même si l’exhaustivité ne peut être garantie faute, évidemment, d’obligation déclarative des utilisateurs. Si la croissance du nombre de trains repérés était forte dans les premières années, la quantité de trains est aujourd’hui beaucoup plus stable. Ainsi, 38, 50 et 64 organisations utilisatrices avaient été repérées au fil de trois études en 2018-2019. 115, 116 et 121 ont été repérées ces deux dernières années (les filiales sont agrégées aux groupes). 510 trains ont été repérés directement et Michel Levaslot extrapole qu’il devrait en exister en France 667.
« Composé d’équipes Scrum ou Kanban, un train est une organisation non hiérarchique qui délivre de la valeur en planifiant, s’engageant et réalisant en commun du logiciel, du microcode ou du matériel » rappelle Michel Levaslot. Initialement, le cadre méthodologique SAFe (Scaled Agile Framework) est destiné à la seule IT. Mais, désormais, avec la même évolution que l’ITSM devenue ESM, SAFe s’adresse à toute l’entreprise. 4 % concernent l’infrastructure au lieu de contenus applicatifs fonctionnels. Le nombre de trains par entreprises est très variable : 54 entreprises sont mono-train d’une part et 21 sociétés ont plus de six trains. Les deux tiers des trains embarquent entre 50 et 125 personnes, le solde se répartissant entre des trains plus petits et plus grands. Jusqu’à 23 sites peuvent être impliqués dans un même train français ! On est donc loin des Pizzas Teams Scrum ou Kanban.
Scrum est la seule méthode agile des trains dans les deux tiers des cas, la méthode majoritaire dans un quart des cas. De ce fait, Kanban seul est marginalisé. La quasi totalité des sprints se réalise sur deux ou trois semaines (à parité entre les deux durées) avec des Planning Intervals (anciennement Program Increments) entre 8 et 12 semaines. Selon Michel Levaslot, le cadre méthodologique est globalement bien respecté, y compris au niveau des durées ou des différents rôles.