Pouvez-vous nous présenter la communauté urbaine Montpellier Méditerranée Métropole ?
Yann Driutti : Montpellier Méditerranée Métropole regroupe environ 517 000 habitants dont 310 000 sur la ville de Montpellier. Les autres communes de la communauté urbaine ont au maximum 20 000 habitants.
Le Pôle Numérique et Données est aujourd’hui mutualisé pour toute la Métropole même s’il reste des services numériques à certains endroits (comme le web rattaché à la communication) et quelques correspondants dans certains métiers (par exemple les bibliothèques).
Quels sont vos grands choix pour l’architecture de votre IT ?
Yann Driutti : Nous avons nos propres datacenters répartis sur toute la métropole. Occasionnellement, nous utilisons quelques SaaS avec des entreprises locales. Nous avons également quelques SaaS quand le produit n’existe que comme cela.
Frédéric Nicolas : Nous avons un vrai choix stratégique d’hébergement interne. Plus de 70 % de notre SI est ainsi sur nos propres infrastructures. Notre réseau inter-sites est géré en interne. Une trajectoire de souveraineté numérique est un axe stratégique de notre action.
Et vos postes de travail ?
Grégory Vieville : Malgré cette trajectoire, nous avons migré nos postes de travail vers Windows 11 et nous sommes en train de déployer Office 365. Nous avons industrialisé la gestion de notre parc. Nous n’envisageons pas, à moyen terme, d’évolution mais nous sommes malgré tout en train d’étudier des solutions alternatives pour le plus long terme. Nous essayons d’être toujours les plus efficients possibles. Pour cela, nous restons en veille technique permanente.
Si vous aviez déjà industrialisé votre gestion de parc, pourquoi avez-vous déployé la solution de Sobrii ?
Grégory Vieville : Au départ, nous avons voulu gérer l’état des batteries des ordinateurs portables. Dans le contrat de garantie, nous avons un changement de batterie avant les trois ans du poste de travail. L’objectif était donc de connaître l’état de la batterie pour programmer le cas échéant son renouvellement.
En plus de ce premier besoin, nous avons aussi la volonté d’aider les entreprises locales, ce qui est le cas de Sobrii.
Yann Driutti : Bien entendu, au-delà du sujet de la batterie, nous avons ensuite amorcé une réflexion sur la RSE. La Métropole a un objectif de réduction de sa consommation électronique de 60 % d’ici 2050 et l’informatique doit évidemment prendre sa part de cet effort. De plus, comme vous le savez, l’essentiel de l’empreinte environnementale d’un poste de travail tient à sa fabrication. Nous avons donc la volonté de faire durer le poste de travail, éventuellement en changeant son attribution.
Au départ, nous avons utilisé Sobrii pour mesurer l’empreinte environnementale des terminaux en sortant d’abaques estimatifs au profit d’une prise en compte des vrais usages. Nous regardons l’impact complet en vue de l’optimiser. Il s’agit de garantir la durabilité des postes de travail.
Nous avons défini des personas d’utilisateurs avec des définitions de configurations correspondant aux besoins. Nous vérifions que le terminal attribué correspond aux besoins. Nous pouvons décider d’une évolution (upgrade) du poste, par exemple un ajout de RAM. Nous pouvons aussi réallouer le poste à un persona aux besoins moindres.
Sobrii a réalisé, avec la métropole de Montpellier, un vrai test de maturité de sa solution. Et elle a gagné en fonctionnalités. Comme nous optimisons les usages, les allocations et les évolutions, la sobriété devient un levier de profitabilité.
Grégory Vieville : Nous avons aussi pu, avec cet outil, piloter la stratégie de mise en veille des postes.
Frédéric Nicolas : Sobrii nous permet d’objectiver par la mesure la performance et les fonctionnalités d’un poste. Nous allons donc au-delà de la sensation exprimée par les utilisateurs. Nous tenons avec cet outil une sorte de « carnet d’entretien » de la vie du PC (si nous augmentons la RAM, si nous changeons l’écran…) qui survit à l’éventuelle réallocation avec nettoyage du poste.
Comment, techniquement, Sobrii fonctionne-t-il ?
Grégory Vieville : Sobrii repose sur un agent déployé sur les terminaux. Il remonte les données dont une description de la machine, de ses usages et de ses performances. Nous pouvons ainsi réaliser une gestion de parc responsable.
L’actuelle pénurie de composants entraîne une augmentation des délais de livraison et des prix. De ce fait, monitorer les parcs et en optimiser la gestion sont des nécessités qui deviennent chaque jour plus importantes.
Transformer des PC obsolètes en clients légers, éventuellement sous Linux, étaient une pratique fréquente il y a quelques années. Est-ce une voie pour vous ?
Frédéric Nicolas : Nous avons mené des tests de clients légers il y a quelques années mais ces tests n’ont pas été concluants. Nous avons plutôt opté pour des déploiements on premise et en client lourd pour éviter les problèmes réseaux.
Cependant, comme nous l’avons déjà dit, nous avons fait le choix stratégique de la souveraineté. Nous avons donc cherché des solutions. Nous testons, par exemple, NextCloud pour la synchronisation des fichiers. Pour la bureautique elle-même, nous verrons ensuite.
Yann Driutti : Nous essayons de garder les postes de travail le plus longtemps possible. Nous avons réalisé un changement massif de PC à l’époque de la crise Covid-19 et nous sommes restés sur ces postes. Pour la sortie de parc en fin de vie d’un terminal, nous travaillons sur les conditions juridiques d’un don aux agents ou bien à des associations (dons solidaires).
Grégory Vieville : Il y a un bénéfice connexe à cette politique qui est que les agents prennent davantage soin de leur PC s’ils savent que, à la fin, ils vont le récupérer. Politiquement, c’est évidemment très positif de réaliser de tels dons. Enfin, si nous déployons Linux sur les postes, cela contribue à la diffusion de ce système d’exploitation. Sobrii est disponible pour Linux et conserve l’historique du poste en cas de changement de système d’exploitation.