
Après cinq ans d’engagement dans la voile, qu’apporte ce partenariat au groupe et à ses marques ?
G.R. : Nous en sommes très satisfaits. Les retombées commerciales directes ne sont pas notre objectif premier. Avec ce trimaran Ultim, nous cherchions surtout à mettre en avant, au-delà de l’efficacité de nos produits, les valeurs des marques et du groupe : le dépassement de soi, l’innovation, la performance et le travail d’équipe. Le bateau nous a permis de donner corps à ces valeurs et de les faire vivre auprès des collaborateurs, tout en renforçant notre marque employeur. Avant lui, nous ne disposions d’aucun outil fédérateur à l’échelle du groupe. Il a créé un lien entre nos différentes marques autour de valeurs communes. Ce projet a également renforcé nos engagements environnementaux, avec la création du fonds de dotation Kresk 4 Oceans en 2021, au moment de l’achat du bateau. Il a donné une nouvelle impulsion à notre action pour la préservation de l’océan et contre la pollution plastique. Cet engagement fait particulièrement écho au travail de SVR sur les perturbateurs endocriniens. À efficacité égale des produits, ces engagements contribuent aussi à nous différencier des marques concurrentes.
Vos engagements environnementaux existaient-ils avant le projet de trimaran ?
G.R. : Oui, ils étaient déjà présents dans notre démarche de responsabilité sociétale. Notre travail sur les perturbateurs endocriniens, par exemple, est engagé depuis dix ans, bien avant l’idée du trimaran. Le bateau et la création du fonds de dotation ont donné une nouvelle impulsion à cette démarche, en renforçant notre action pour la préservation des océans et contre la pollution plastique en mer. Ils nous ont surtout permis de rendre ces engagements plus concrets et de les partager avec nos collaborateurs comme avec nos publics extérieurs. Le bateau nous permet notamment de proposer à nos clients et à nos invités des expériences qui leur font découvrir les valeurs de nos marques et du groupe. Ces valeurs prennent ainsi une dimension tangible : le bateau les incarne.

Comment réunissez-vous SVR et Lazartigue autour d’un même projet malgré leurs positionnements différents ?
G.R. : Leurs expertises sont différentes et complémentaires : SVR est un laboratoire dermatologique qui répond aux problématiques de peau, tandis que Lazartigue est spécialisé dans les soins capillaires. Toutes deux partagent une volonté de préserver l’environnement, qui donne du sens à leur engagement dans ce projet commun. Pour SVR, cette volonté se traduit notamment par la lutte contre la pollution plastique et la protection de l’océan. Chez Lazartigue, marque végane dont les produits contiennent jusqu’à 98 % d’ingrédients d’origine naturelle, elle s’exprime à travers la place accordée à la nature et aux ingrédients utilisés dans les formules.
Des partenariats aux rôles complémentaires
SVR est aussi présent dans le trail et le tennis. Quel rôle spécifique la voile joue-t-elle dans votre stratégie de sponsoring ?
G.R. : Dans la voile, nous allons des valeurs vers les produits ; dans le trail, des produits vers les valeurs. Ces deux approches se complètent pour faire découvrir la marque dans son ensemble. Avec le bateau, nous partons de nos valeurs et de nos engagements - le rêve, la performance, l’innovation, le respect de l’environnement - pour amener ensuite le public à découvrir nos marques et nos produits. Avec l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, nous partons des besoins des pratiquants pour leur faire découvrir les produits SVR qui peuvent y répondre. Nous avons constaté que ces sportifs, pourtant très attentifs à leur corps, ne prennent pas toujours autant soin de leur peau. Notre rôle de laboratoire est donc de les sensibiliser aux risques de l’exposition au soleil et à l’importance de se protéger.
Quel public souhaitez-vous toucher à travers le partenariat avec la joueuse de tennis Loïs Boisson ?
G.R. : Le tennis nous permet de toucher un public plus urbain et plus familial, partout en France. La course au large compte bien sûr des passionnés loin de la mer, mais son public reste davantage concentré sur les côtes. Ce partenariat complète donc notre présence auprès d’autres publics. Il est piloté par notre équipe France, tandis que les partenariats voile et UTMB, dont je m’occupe, ont une dimension internationale. Le tennis partage aussi avec la course au large le fait d’être un sport de plein air, très exigeant, où la performance individuelle repose sur un travail collectif. Derrière l’athlète, il y a les entraîneurs et toutes les personnes qui l’accompagnent. C’est la même chose pour notre skipper, Tom Laperche, avec une équipe de vingt personnes derrière le bateau. Cette dimension collective compte beaucoup pour nous.
Sur le village départ de Saint-Malo, miser sur l’expérience
Quel parcours avez-vous imaginé sur le village départ de la Route du Rhum pour attirer le public et lui faire découvrir vos marques ?
G.R. : Nous savons que les visiteurs viennent avant tout sur le village pour voir les bateaux. Pour les intéresser à nos marques, nous avons donc choisi de partir de cette envie de découvrir la navigation. Comme nous ne pouvons pas faire monter tout le monde à bord, nous proposons une expérience immersive : une vidéo, des plaques vibrantes et une soufflerie permettent, pendant trois minutes, de découvrir de belles images du trimaran tout en ressentant une partie des sensations à bord. Cette animation est le point d’attraction du stand. Nous avons organisé le parcours pour que la découverte des marques commence dès la file d’attente, qui passe devant nos vitrines de produits. Ce temps nous permet de présenter nos gammes et d’engager la discussion avec les visiteurs. Ce sont les marques qui financent le stand ; il est donc essentiel de leur donner aussi de la visibilité. Après l’expérience immersive, le parcours se poursuit avec nos engagements, à travers La Course Bleue, Kresk 4 Oceans et le partenariat entre SVR et Plastic Odyssey. La présence du bateau Plastic Odyssey juste à côté donne une dimension très concrète à ce rapprochement. Nous proposons d’ailleurs des visites des deux bateaux pour faire découvrir le lien entre leurs projets.
Comment recevez-vous les distributeurs et les partenaires commerciaux ? Avec quels objectifs ?
Nous privatisons des lieux pour des dîners, mais l’ensemble des animations se déroule sur le stand, qui est destiné au grand public. Faire du business n’est pas la motivation première. Il s’agit surtout de remercier les pharmaciens d’être avec nous et d’être nos partenaires. Il peut y avoir de la prospection, mais nous sommes plutôt dans le partage et le remerciement que dans la démarche commerciale.
Quelle place les collaborateurs occupent-ils dans le dispositif ?
G.R. : Nous leur proposons de tenir le stand : nous mettons en place des rotations toutes les quarante-huit heures pour qu’une cinquantaine d’entre eux, sur la base du volontariat, puissent vivre l’expérience à Saint-Malo.

Faire vivre les engagements toute l’année
Comment faites-vous vivre le partenariat entre les grandes courses, notamment auprès de vos filiales ?
G.R. : Les courses restent nos principaux rendez-vous pour communiquer sur le bateau. Le calendrier est d’ailleurs assez dense : la Route du Rhum tous les quatre ans, la Transat Café l’Or tous les deux ans, ou encore les 24H Ultim chaque année. Quand le programme s’allège, nous avons déjà organisé des tournées en Méditerranée, auprès de nos filiales, de la France à la Tunisie, en passant par l’Italie, le Portugal, l’Espagne et le Maroc. Leurs équipes et leurs clients peuvent ainsi découvrir le bateau et, au-delà des produits, mieux comprendre les engagements de nos marques et du groupe.
Comment matérialisez-vous les engagements de Kresk 4 Oceans au-delà des événements ?
G.R. : L’ensemble des actions mises en place s’organisent autour de trois grands axes : recycler, comprendre et sensibiliser. Plusieurs partenariats permettent de financer des associations qui récupèrent du plastique en mer et cherchent comment le recycler. Le fonds finance aussi des études menées à bord de bateaux spécifiques pour comprendre la pollution en mer, recueillir des données et étudier l’évolution du plastique, notamment des microplastiques. Le dernier axe consiste à éduquer les enfants et à sensibiliser le public. Le dispositif pédagogique La Course Bleue a été créé dans cet objectif. Il est labellisé par le ministère de l’Éducation nationale, entièrement gratuit et destiné aux élèves du CP à la 6e.
Comment mesurez-vous les retombées du partenariat pour les deux marques ?
"Nous sommes convaincus que cet engagement dans la durée favorise la fidélité à nos marques. "
G.R. : Nous suivons l’équivalent publicitaire et les indicateurs numériques : progression du nombre d’abonnés, portée et impressions. Les résultats sont plutôt bons, mais nous envisageons une étude plus poussée pour mieux évaluer les effets du partenariat. Nous sommes convaincus que cet engagement dans la durée favorise la fidélité à nos marques. La publicité télévisée peut faire progresser rapidement la notoriété, mais ses effets retombent dès que la campagne s’arrête. Avec la voile, nous faisons le pari d’une relation qui prend davantage de temps à se construire, fondée sur la sincérité de notre engagement.
Jusqu’à quand êtes-vous engagés dans le projet ?
G.R. : Au moins jusqu’à 2028, avec un potentiel projet de construction d’un nouveau bateau. Mais c’est au stade de projet pour le moment.





