Le début d’année 2026 confirme un coup de frein sur le marché de l’immobilier logistique. Selon une étude publiée par JLL, cabinet spécialisé dans les services et l’investissement en immobilier d’entreprise, les entreprises adoptent une posture plus prudente face à un environnement économique et géopolitique incertain. Cette situation se traduit par un ralentissement des transactions et un allongement des délais de décision.
Au premier trimestre 2026, le volume de transactions atteint 333 000 m², en net recul sur un an. Plusieurs projets pourtant avancés ont été mis en attente, les arbitrages internes se complexifiant et les validations prenant davantage de temps. Dans ce contexte, Olivier Durif, directeur France Transaction Industrie et Logistique chez JLL, indique que « le marché logistique français a connu ce trimestre un ralentissement majeur avec 333 000 m² commercialisés, en retrait de 67 % sur un an. Nos clients ont fait le choix de l’attentisme face à un environnement économique et géopolitique particulièrement instable ».
Un marché sous tension
Tous les segments ne sont toutefois pas touchés de la même manière. Les surfaces intermédiaires, comprises entre 10 000 et 20 000 m², concentrent l’essentiel de l’activité, tandis que les formats plus petits restent également actifs. À l’inverse, les grandes plateformes font l’objet de décisions plus sélectives, illustrant une prudence accrue sur les investissements les plus structurants.
" Ce que nous observons n’est pas un effondrement de la demande, mais un report massif de décisions. "
Le début d’année se caractérise également par une évolution de la géographie logistique. Certaines régions comme le Centre-Val de Loire, les Hauts-de-France ou encore la région PACA concentrent une part importante de l’activité, tandis que les zones hors dorsale représentent une majorité des volumes. L’Île-de-France affiche, de son côté, un niveau plus limité.
Malgré ce ralentissement, les besoins logistiques des entreprises restent bien présents, portés par la croissance du e-commerce, la réorganisation des chaînes d’approvisionnement et les enjeux de transition environnementale. Olivier Durif souligne ainsi que « ce que nous observons n’est pas un effondrement de la demande, mais un report massif de décisions. Les besoins logistiques de nos clients n’ont pas diminué, avec des chaînes d’approvisionnement en pleine transformation et des exigences environnementales qui continuent de s’imposer ».
L’évolution des prochains mois sera déterminante pour mesurer la capacité du marché à retrouver du rythme et à adapter les stratégies d’implantation aux nouvelles contraintes économiques.