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le 25 juin 2026

Transport et logistique : une filière qui pèse 9 % du PIB français mais reste sous-estimée

Mandatée par l'Union des entreprises de Transport et de Logistique de France (Union TLF) et réalisée par le cabinet d'études économiques Asterès sous la direction de l'économiste Nicolas Bouzou, une étude dresse un panorama inédit du poids économique du transport de marchandises et de la logistique en France. Son principal enseignement : la filière représente près de 9 % du PIB national lorsqu'on prend en compte ses effets d'entraînement sur l'économie.

L'Union TLF souhaitait mesurer l'empreinte réelle du transport de marchandises et de la logistique, au-delà des seules statistiques sectorielles. Pour cela, elle a confié au cabinet Asterès une étude économique portant sur les emplois, la création de valeur et les retombées économiques directes et indirectes de la filière.

Premier constat : le secteur emploie directement 1,6 million de personnes en équivalent temps plein, soit 1,8 million de salariés au total, représentant près de 6 % de l'emploi français. Il génère 267 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 90 milliards d'euros de valeur ajoutée, soit l'équivalent de 3 % du PIB.

Mais ces chiffres ne reflètent qu'une partie de la réalité. Selon l'étude, 44 % des emplois liés au transport et à la logistique n'apparaissent pas dans les statistiques sectorielles, car ils sont répartis dans le commerce, l'industrie, l'agriculture ou les services. Magasiniers, caristes ou logisticiens travaillent ainsi au sein d'autres activités économiques.

Un impact économique qui dépasse largement la filière

En intégrant les effets indirects et induits, l'empreinte économique change d'échelle. La filière soutient alors 3,2 millions d'emplois, génère 574 milliards d'euros d'activité et représente 9 % du PIB français, soit davantage que l'industrie agroalimentaire et près de trois fois le poids de l'hébergement-restauration.

Les auteurs soulignent également l'effet multiplicateur de cette activité : chaque emploi direct soutient un emploi supplémentaire dans le reste de l'économie, tandis que chaque euro de valeur ajoutée produit génère 1,70 euro supplémentaire. Le secteur contribue aussi aux finances publiques à hauteur de 29 milliards d'euros de recettes directes.

L'étude rappelle également le rôle de la performance logistique dans la compétitivité nationale. D'après les travaux académiques cités, une hausse de 1 % de l'indice de performance logistique est associée à une progression de 0,14 % du PIB, tandis qu'un gain de 10 points de cet indice pourrait entraîner 3,5 % d'exportations supplémentaires.

Une filière fortement ancrée dans les territoires

Le transport et la logistique apparaissent également comme un secteur largement décentralisé. 81 % des emplois sont localisés hors d'Île-de-France, contre 73 % pour l'ensemble des secteurs économiques. Plus de 40 000 établissements employeurs et 67 000 entrepôts, majoritairement de moins de 1 500 m², maillent le territoire.

Certaines zones présentent une dépendance particulièrement forte à cette activité. La filière représente jusqu'à 26 % de l'emploi dans le Loiret et 16 % en Centre-Val de Loire.

Des emplois durables et un investissement important dans les compétences

L'étude met également en avant la capacité du secteur à recruter durablement. 75,6 % des offres d'emploi proposées sont des CDI, contre 47,6 % en moyenne tous secteurs confondus.

Les résultats sont également supérieurs à la moyenne concernant l'insertion professionnelle. 64,2 % des personnes retrouvent un emploi dans les six mois suivant leur formation, contre 58,4 % au niveau national. Ce taux atteint 72,1 % pour les conducteurs poids lourds et 79 % pour les apprentis.

Pour accompagner cette montée en compétences, la branche investit plus de 400 millions d'euros par an dans la formation. En 2024, 12 450 apprentis étaient formés dans la filière et le nombre de certifications délivrées pour les métiers d'encadrement et de direction a progressé de 25 %.

À travers cette étude, l'Union TLF entend replacer le transport et la logistique au cœur des débats économiques et des politiques publiques. L'organisation professionnelle, qui représente les entreprises de l'ensemble de la chaîne logistique, souhaite notamment mettre en avant le rôle du secteur dans la compétitivité, la souveraineté industrielle et la réindustrialisation du pays. Le cabinet Asterès, fondé par Nicolas Bouzou, conclut pour sa part que la logistique ne constitue plus une simple fonction support mais une infrastructure productive dont dépend directement la performance de l'économie française.