
Le changement climatique coûte déjà cher aux Supply Chains. En France, 91 % des dirigeants interrogés dans l’étude « Sustainability in Action 2026 », menée par Sweep et Capgemini, déclarent que leur organisation a subi, au cours des deux dernières années, des pertes financières liées à des perturbations de leur chaîne d’approvisionnement associées au changement climatique. Pour 21 % d’entre eux, ces pertes dépassent le million de dollars.
L’étude s’appuie sur les réponses de 1 000 décideurs de haut niveau, interrogés entre le 22 mai et le 1er juin 2026 par l’institut indépendant Censuswide. Parmi eux, 200 sont basés en France. L’enquête couvre également les États-Unis, le Royaume-Uni, la région DACH et les pays nordiques, dans cinq grands secteurs : énergie, sciences de la vie, industrie manufacturière, distribution et transport.
Ces résultats mettent en lumière la dimension économique du risque climatique pour les entreprises. Sécheresses, inondations, températures extrêmes ou autres événements climatiques peuvent perturber les chaînes d’approvisionnement et affecter leur fonctionnement. La question de leur anticipation devient donc un enjeu de résilience opérationnelle autant que financière.
Pour les directions Supply Chain, cette exposition pose notamment la question de la visibilité sur les risques auxquels sont confrontés les fournisseurs, les approvisionnements et les opérations. Or, c’est précisément sur la disponibilité de l’information que l’étude fait apparaître une difficulté persistante.
La donnée reste le maillon faible
En France, 67 % des dirigeants interrogés estiment ne pas disposer de données de durabilité suffisamment fiables pour guider précisément leur stratégie. Plus significatif encore, cette proportion est en hausse : elle s’établissait à 53 % en 2024, soit une progression de 14 points en deux ans.
Le constat fait apparaître un décalage : alors que 91 % des répondants français déclarent avoir déjà subi des pertes financières associées à des perturbations climatiques de leur Supply Chain, plus des deux tiers pointent parallèlement l’insuffisance de leurs données pour orienter leur stratégie. Une difficulté qui peut peser sur la capacité à mesurer l’exposition aux risques et à éclairer les décisions.
La question de la donnée devient ainsi centrale dans le pilotage de la résilience. Pour une Supply Chain, disposer d’informations suffisamment fiables permet notamment de mieux évaluer les vulnérabilités et d’appuyer les arbitrages. À l’inverse, une visibilité insuffisante peut limiter la capacité à intégrer précisément le risque climatique dans les décisions opérationnelles.
Les entreprises semblent néanmoins renforcer leurs moyens. En France, 75 % des répondants indiquent que l’adoption de l’intelligence artificielle s’est accompagnée d’une hausse des investissements consacrés à la durabilité. Une évolution qui intervient alors que la collecte et l’exploitation des données prennent une place croissante dans le pilotage des risques.