Est-ce la fin de l’euphorie pour les candidats sur le marché du recrutement ?
Alors que la pandémie a marqué l’ouverture d’une période très favorable aux salariés, portée par un fort dynamisme de l’emploi, l’enquête « Ce que veulent les candidats » 2024 du cabinet de recrutement Robert Half témoigne d’un rééquilibrage du rapport de force entre employeurs et salariés.
Peut-on y voir un souci d'employabilité ? Ces derniers se disent moins sollicités par les recruteurs mais aussi moins enclins à changer d’emploi, alors même qu’ils affichent des niveaux de satisfaction en recul.
La fin de la « grande rotation » ?
- Alors que l’enquête de 2023 avait révélé une sollicitation particulièrement importante des salariés par les recruteurs (40 % des salariés disaient être sollicités régulièrement), cette nouvelle édition montre un net ralentissement du marché du recrutement : 33 % en 2024, soit -7 points.Alors que l’enquête de 2023 avait révélé une sollicitation particulièrement importante des salariés par les recruteurs (40 % des salariés disaient être sollicités régulièrement), cette nouvelle édition montre un net ralentissement du marché du recrutement : 33 % en 2024, soit -7 points.
- 45 % des salariés affirment n’être « pas du tout sollicités », contre 37 % l’an passé (+ 8 points).45 % des salariés affirment n’être « pas du tout sollicités », contre 37 % l’an passé (+ 8 points).
- Les salariés eux-mêmes expriment des désirs de mobilité beaucoup moins marqués : 43 % se disent en recherche active ou à l’écoute d’opportunités, en recul de 10 points par rapport à 2023. 49 % affirment ne pas être à la recherche d’un nouvel emploi, contre 39 % l’année dernière.Les salariés eux-mêmes expriment des désirs de mobilité beaucoup moins marqués : 43 % se disent en recherche active ou à l’écoute d’opportunités, en recul de 10 points par rapport à 2023. 49 % affirment ne pas être à la recherche d’un nouvel emploi, contre 39 % l’année dernière.
- La baisse notable des aspirations au changement, si emblématiques de l’après-Covid-19, est un signe supplémentaire de cette nouvelle donne :La baisse notable des aspirations au changement, si emblématiques de l’après-Covid-19, est un signe supplémentaire de cette nouvelle donne :20 % seulement des salariés qui prévoient de changer d’emploi dans les 6 prochains mois souhaiteraient changer de secteur d’activité contre 32 % en 2023,21 % aimeraient changer de cap, faire une reconversion professionnelle, contre 27 % précédemment.
Des salariés moins mobiles mais pas plus satisfaits
• Après une baisse marquée entre novembre 2022 et avril 2023 (-8 points), le niveau de satisfaction exprimé par les salariés au sujet de leur emploi actuel n’est pas reparti à la hausse en 2024 : 69 % se disent toujours satisfaits (même chiffre qu’en 2023). • Le nombre de salariés se disant « très satisfaits » est en léger recul, à 19 % contre 22 % l’an dernier.• La satisfaction par rapport au salaire est en recul de 6 points par rapport à 2023 avec 45 % des salariés français qui se déclarent satisfaits (10 % très satisfaits).
Des attentes moins tranchées mais toujours présentes
- Alors que les salariés exprimaient de nouvelles revendications ces dernières années, notamment en termes d’équilibre de vie et de flexibilité, leurs priorités ne s’affirment plus aussi clairement en 2024.Alors que les salariés exprimaient de nouvelles revendications ces dernières années, notamment en termes d’équilibre de vie et de flexibilité, leurs priorités ne s’affirment plus aussi clairement en 2024.
- L’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, l’ambiance de travail bienveillante et la flexibilité restent des facteurs de stabilité important au sein des entreprises, mais 32 % des salariés mentionnent aussi la solidité financière de l’entreprise parmi les raisons qui les poussent à rester. Ce critère arrive en 3e position, devant la flexibilité et montre une demande de sécurité croissante chez les salariés.L’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, l’ambiance de travail bienveillante et la flexibilité restent des facteurs de stabilité important au sein des entreprises, mais 32 % des salariés mentionnent aussi la solidité financière de l’entreprise parmi les raisons qui les poussent à rester. Ce critère arrive en 3e position, devant la flexibilité et montre une demande de sécurité croissante chez les salariés.
- Parmi les « raisons de changer d’entreprise », le salaire, au cœur des préoccupations lors de la crise inflationniste de 2023, demeure de loin le critère n° 1 (mentionné par 51 % des sondés, -4 points) ;Parmi les « raisons de changer d’entreprise », le salaire, au cœur des préoccupations lors de la crise inflationniste de 2023, demeure de loin le critère n° 1 (mentionné par 51 % des sondés, -4 points) ;mais il est désormais suivi par le sentiment d’ennui dans sa fonction (28 %), 5e critère l’an dernier, et la volonté de faire évoluer sa carrière et d’avoir davantage de responsabilités (27 %) ;A l’inverse, la recherche d’un meilleur équilibre vie pro/vie perso passe de la 2e à la 4e position.
« La période post-pandémique a fortement stimulé les aspirations au changement et offert une flexibilité qui, jusque-là, n’existait pas. Cette page semble aujourd’hui se tourner avec un recul sensible des attentes exprimées sur des marqueurs emblématiques tels que l’équilibre vie pro/perso ou les désirs de reconversion et une plus grande frilosité des salariés à quitter leur entreprise », commente Matthieu Imbert-Bouchard, Directeur général de Robert Half France.
Méthode • réalisée le 3 avril 2024;• auprès d’un panel représentatif de 1000 salariés français, hommes et femmes, âgés de 18 à 65 ans.
Concepts clés et définitions :#Définition employabilité et clés pour la développer