
Fondée en 2018 par Arthur, Tom et Coline Charle, Cocorico s'est imposée en quelques années comme l'un des acteurs français les plus dynamiques du textile made in France. Avec un chiffre d'affaires de 20 M€ en 2025, la marque affiche désormais une ambition claire : atteindre 100 M€ de chiffre d'affaires à l'horizon 2030.
Pour accompagner cette montée en puissance, Cocorico pilote aujourd'hui un volume d'achats estimé entre 10 et 12 M€ par an. Cette activité est assurée par une équipe de cinq collaborateurs, chargée de sélectionner, piloter et développer un réseau de partenaires industriels français. Le choix des fournisseurs constitue le premier levier de performance de Cocorico.
Comme le résume Arthur Charle, cofondateur de Cocorico : « Nous allons chercher des spécialistes de leur métier à chaque étape de la fabrication. C'est cette organisation qui nous permet de maîtriser chaque étape du processus de production. » Cette logique de spécialisation constitue aujourd'hui le socle de la politique achats de Cocorico. Elle s'appuie sur une quarantaine de partenaires industriels répartis sur l'ensemble du territoire, chacun intervenant sur un savoir-faire spécifique. Une organisation qui permet à la marque de gagner en agilité tout en accompagnant la montée en puissance de ses volumes.
« Nous donnons de la visibilité à nos partenaires, puis nous ajustons régulièrement nos prévisions avec eux. L'objectif est qu'ils puissent investir, s'organiser et accompagner notre croissance. »
Arthur Charle insiste également sur un autre critère déterminant dans le choix de ses partenaires : « Il faut aussi que le fournisseur ait la volonté de travailler avec nous et qu'il puisse suivre notre croissance. Aujourd'hui, nous travaillons sur des chaînes de fabrication dédiées à Cocorico. »
Des partenaires avant tout
Au-delà de la sélection des fournisseurs, la performance achats repose également sur une organisation capable d'accompagner la croissance de l'entreprise. Les achats couvrent principalement les grandes familles de produits de la marque, des sous-vêtements aux pièces de sportswear, en passant par les pantalons et les matières plus techniques comme la laine. Cette diversité impose une connaissance fine des savoir-faire industriels et un pilotage adapté à chaque filière.
Comme le précise Arthur Charle, cofondateur de Cocorico : « Nous donnons de la visibilité à nos partenaires, puis nous ajustons régulièrement nos prévisions avec eux. L'objectif est qu'ils puissent investir, s'organiser et accompagner notre croissance. »
Pour piloter cette organisation, Cocorico s'appuie sur plusieurs outils complémentaires, parmi lesquels Shippingbo, Shopify, Klaviyo, ainsi qu'un outil développé en interne pour consolider les données de production et de prévision. L'intelligence artificielle fait également partie du quotidien des équipes. Arthur Charle indique notamment utiliser Gemini comme assistant de travail afin d'accélérer les recherches, structurer certaines analyses et automatiser des tâches à faible valeur ajoutée.
« Le gros enjeu, ce sont les sujets de trésorerie et les garanties de BFR pour nos usines. Si nous arrivons à résoudre cela, nous aurons fait un grand pas vers la réindustrialisation de notre pays. »
Pour accompagner sa croissance, l'entreprise investit dans son propre atelier de recherche et développement (R&D), où sont testés de nouveaux équipements avant leur déploiement chez ses partenaires industriels. L'objectif est d'améliorer la productivité et de renforcer la compétitivité du made in France. Comme l'explique Arthur Charle, cette démarche s'inscrit dans une logique d'amélioration continue : « Nous essayons d'aller chercher de nouvelles machines automatiques, de les tester et, potentiellement, de les diffuser auprès de nos fournisseurs. C'est presque un centre de recherche que nous avons monté à notre petit niveau. »
Si les outils et l'innovation permettent déjà de gagner en efficacité, Arthur Charle estime que les principaux défis des années à venir seront avant tout financiers. Pour le dirigeant, le principal défi de la filière ne réside pas uniquement dans l'investissement industriel. Il concerne aussi le besoin en fonds de roulement (BFR), soit la trésorerie nécessaire au financement de l'activité. Arthur Charle conclut : « Nous considérons cette entreprise comme une aventure patrimoniale. Nous voulons aller loin et nous allons tout faire pour y arriver. »