IT
Cas d'usage
le 26 août 2026
par Bertrand Lemaire

La ville de Gentilly adopte un intranet collaboratif souverain

Suite à une cyber-attaque, la ville de Gentilly a refondu son intranet en adoptant la plateforme collaborative Jamespot.
Dominique Joseph-Eugène est DSI de la Ville de Gentilly.Dominique Joseph-Eugène est DSI de la Ville de Gentilly.

Faisant partie de la première couronne de la région parisienne et membre de la métropole du Grand Paris depuis le 1er janvier 2016, touchant Paris entre les portes d’Italie et d’Orléans, la commune de Gentilly comporte aujourd’hui près de 20 000 habitants. Fondée au Haut Moyen-Âge, la ville a perdu, au cours de la seconde moitié du XIXème siècle, les trois-quarts de sa surface, d’une part avec la création du XIIIème arrondissement de Paris (1860), d’autre part avec celle du Kremlin-Bicêtre (1897). Comme toutes les villes, Gentilly possède des services administratifs ayant besoin de collaborer entre eux, de gérer des documents, etc. Sans grande originalité, la ville s’appuyait sur des solutions de bureautique collaborative de Microsoft et un intranet basé sur Sharepoint. Si, dès 2020, la collectivité avait engagé une réflexion autour de la souveraineté numérique afin de réduire sa dépendance aux solutions extra-européennes et de mieux maîtriser ses infrastructures stratégiques, c’est un incident de cybersécurité en 2025 qui va donner le signal de départ pour refondre effectivement le collaboratif et même aller au-delà.

« Nous avons progressivement engagé une réflexion globale sur notre système d’information afin de privilégier des solutions que nous maîtrisons davantage et qui répondent mieux à nos enjeux de souveraineté » explique ainsi Dominique Joseph-Eugène, DSI de la Ville de Gentilly. Le projet, amorcé dès 2020, comprenait une réorganisation et des refontes, travaux qui devaient évidemment être précédés d’un travail d’inventaire des actifs IT. Alors que ce travail commençait, c’est une cyberattaque ayant eu lieu en 2025 qui va accélérer la refonte. Durant plusieurs mois, en effet, une partie du système d’information a été paralysé. Dominique Joseph-Eugène se souvient : « cet épisode a été un véritable électrochoc. Il nous a obligés à remettre à plat notre environnement numérique et à accélérer certaines transformations déjà engagées. »

Une refonte pas seulement technique

Le premier aspect de la refonte, c’était donc une évolution purement technologique visant à remplacer Sharepoint par un outil souverain. En l’occurrence, c’est la plateforme collaborative Jamespot, hébergée en France, qui a été choisie. Mais il ne s’agissait pas simplement de substituer un outil à un autre : une substitution isofonctionnelle est toujours difficile à justifier. C’était bien le fonctionnement même de l’intranet collaboratif qui a été repensé : la ville voulait sortir d’un modèle essentiellement descendant pour construire un environnement plus collaboratif, capable de structurer les échanges et de fluidifier le travail au quotidien.

La nouvelle plateforme Jamespot est en effet conçue comme un espace transversal intégrant une dimension de réseau social d’entreprise. Elle permet aux agents non seulement d’accéder à l’information, mais aussi de la commenter, de la partager et de travailler ensemble. « L’information circule mieux, mais surtout, les agents peuvent désormais participer et contribuer, ce qui change profondément la manière de travailler » se réjouit Axel Burklé, chargé de communication interne. Il ajoute : « le projet n’est pas parti d’un outil, mais d’un besoin. Les agents ont exprimé ce qui leur manquait au quotidien, et cela a fortement facilité l’adhésion. »

Des préoccupations très concrètes

« La souveraineté est devenue un enjeu très concret pour les collectivités. Il ne s’agit plus seulement d’un principe, mais d’une réalité opérationnelle qui impacte directement notre architecture, nos choix technologiques et notre capacité à maîtriser nos données » relève Dominique Joseph-Eugène. Le choix de Jamespot n’est donc ni anodin ni isolé. Aujourd’hui, une grande partie des solutions déployées par la collectivité repose désormais sur des technologies françaises ou européennes. Une stratégie qui permet à la Ville de Gentilly de gagner en cohérence et en maîtrise, tout en réduisant significativement certains coûts par rapport aux solutions historiques.

Evidemment, si les fonctions collaboratives ont été migrées rapidement et sont aujourd’hui utilisées au quotidien par 480 agents, soit environ 60 % des effectifs concernés avec une adoption qui continue sa progression, notamment auprès des travailleurs de terrain, la bascule n’a pas été globale du jour au lendemain. Certains outils Microsoft demeurent à ce jour encore utilisés et la migration totale des usages restera progressive.